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Ligue 1: Souleymane Camara, le coéquipier parfait tourne la page

Le Sénégalais Souleymane Camara a mis un terme à sa carrière de footballeur professionel.
Le Sénégalais Souleymane Camara a mis un terme à sa carrière de footballeur professionel. DENIS CHARLET/AFP
4 min

Le Montpellier Hérault va retrouver les terrains, comme d’autres équipes de Ligue 1 qui reprennent l’entraînement après la longue période d’inactivité liée au confinement. Mais pour la première fois depuis 2007, cette reprise se fera sans Souleymane Camara. À 37 ans, l’attaquant sénégalais a tiré un trait sur sa carrière fin mai. Le dernier Lion de l’épopée de 2002 encore en activité range donc ses crampons, en toute discrétion, comme à son habitude.

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C’est une fin de carrière à son image. Sans heurts. Pourtant, Souleymane Camara aurait pu se plaindre. Car c’est le président de Montpellier, Laurent Nicollin, qui a annoncé le 18 mai dernier le départ de l’attaquant sénégalais. Mais comme à son habitude, Camara ne lui en pas voulu. Pas son genre : « J’aurais bien aimé l’annoncer moi-même, parce que j’avais des amis et de la famille à informer. Mais ce n’est pas grave. » Tout Souleymane Camara tient dans cette réponse.

« Un équipier modèle »

L’attaquant montpelliérain s’est construit au fil des ans une réputation de joueur exemplaire. René Girard, son ancien entraîneur, champion de France 2012 avec lui, ne dit d’ailleurs pas autre chose : « Pour tout entraîneur, c’est le rêve. Au niveau de l’état d’esprit, au niveau de l’efficacité. Les gens de sa rigueur, de son honnêteté, il n’y en a pas beaucoup. C’est même dommage qu’il s’arrête, il va nous manquer. »

« Un équipier modèle » renchérit Alassane Ndour, l’ancien milieu de terrain, qui a fréquenté Camara en sélection et notamment lors de l’épopée du Mondial 2002. À l’époque, l’attaquant n’avait que 19 ans, et il s’était fondu dans cette équipe sénégalaise où régnaient les fortes personnalités, comme El-Hadji Diouf. Et il reconnaît aujourd’hui avoir traversé la Coupe du Monde en Corée et au Japon avec une sorte d’insouciance : « Sur le coup, on savourait, mais récemment, j’ai regardé un documentaire sur notre victoire contre la France (1-0, but de Papa Bouba Diop) et là, j’ai eu des frissons en voyant le bonheur qu’on a procuré aux gens. » Camara (35 sélections, 7 buts) avoue avoir été marqué par l’influence de Bruno Metsu, le sorcier blanc du Sénégal cette année-là, qui lui-même considérait l’attaquant comme le plus bel espoir de sa génération.

Souleymane Camara après son but contre le Nigeria en Coupe d'Afrique des nations, le 31 janvier 2006.
Souleymane Camara après son but contre le Nigeria en Coupe d'Afrique des nations, le 31 janvier 2006. AFP

Joker de luxe

Remplaçant en 2002, Souleymane Camara ne se doutait pas que sa carrière serait celle d’un « super-sub », un joueur amené à entrer en cours de match pour marquer des buts. Célèbre pour ses entrées en jeu tonitruantes, souvent décisives, faisant de lui un « joker de luxe » pour reprendre les termes de René Girard. Un statut de remplaçant qu’il n’a jamais souhaité mais dont il s’est accommodé.

« Il n’y a pas un joueur de foot qui n’aime pas démarrer un match. Mais je me suis toujours dit que si j’avais l’occasion d’entrer en jeu, j’allais tout donner, pour montrer à l’entraîneur que je méritais d’être titulaire. Sur le banc, je regardais l’équipe adverse et les défenseurs pour savoir comment marquer ou faire marquer une fois sur le terrain », explique le joueur formé à Monaco et passé par Guingamp et Nice avant Montpellier.

La joie de Souleymane Camara, à droite, entouré de ses coéquipiers après son but face à Rennes, le 1 mars 2013.
La joie de Souleymane Camara, à droite, entouré de ses coéquipiers après son but face à Rennes, le 1 mars 2013. AFP PHOTO / SYLVAIN THOMAS

Futur sélectionneur ?

De quoi faire de Camara, natif du quartier de la Medina à Dakar, le recordman de matches joués avec Montpellier (433 rencontres), le deuxième meilleur buteur de l’histoire du club (64 buts) et le seul joueur à avoir inscrit au moins un but lors de 15 saisons de Ligue 1, mais sans en faire pour autant un joueur star. « Ce qui me fait mal, c‘est qu’il soit aussi méconnu, regrette Mathieu Chupin, président du Dakar Sacré Coeur (DSC), club de football basé dans la capitale sénégalaise et dont Souleymane Camara a participé à la fondation. On évoque souvent le remplaçant extraordinaire, mais il vaut bien plus que ça. »

Souleymane Camara devrait, maintenant que les crampons sont rangés, s’engager un peu plus auprès du DSC. Auréolé de son parcours, « c’est un modèle », assure Mathieu Cupin. « On leur explique (aux joueurs, ndlr) l’exemple qu’il a été sur le terrain mais aussi en dehors », précise-t-il. Une carrière hors terrain qui s’annonce florissante si l’on en croit René Girard : « Pourquoi pas le retrouver un jour à la tête de la sélection du Sénégal... » parie l’actuel entraîneur du Paris FC.

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