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Retraite prématurée pour Gaëlle Enganamouit, Lionne indomptable d’exception

Gaëlle Enganamouit, à la lutte avec la Néerlandais Anouk Dekker lors du Mondial 2019.
Gaëlle Enganamouit, à la lutte avec la Néerlandais Anouk Dekker lors du Mondial 2019. Phil Noble/Reuters
3 min

C’est une figure du football féminin camerounais qui tire sa révérence. L’internationale Gaëlle Enganamouit a annoncé le 9 juin, jour de son 28ème anniversaire, la fin de sa carrière. Alain Djeumfa, sélectionneur des Lionnes indomptables, explique à RFI tout le respect qu’il a pour cette joueuse d’« exception ».

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« End thanks for all » a écrit laconiquement Gaëlle Enganamouit sur sa page Facebook. L’attaquante des Lionnes indomptables était sans club depuis son dernier contrat en 2019 avec Malaga en Espagne.

« C’est une surprise pour moi », réagit Alain Djeumfa pour RFI. Le sélectionneur des Lionnes indomptables ajoute : « Elle est jeune et on avait encore besoin d’elle. Vingt-huit ans, c’est l’âge d’or du foot. Je respecte sa décision. Il y a quelques mois, je la sentais bien dans la préparation pour la rencontre face à la Zambie lors des éliminatoires pour les JO deTokyo. Elle est la seule à pouvoir expliquer sa décision. »

Un triplé au Mondial 2015

Gaëlle Enganamouit compte 43 sélections à son actif. Avec les Lionnes, elle a remporté les Jeux africains en 2011, trois années après avoir débuté sa carrière à Yaoundé. En 2010-2011, elle avait été élue Meilleure joueuse du Championnat camerounais. Elle est ensuite allée en Europe où elle a connu plusieurs clubs dont le Spartak Subotica en Serbie, Rosengard en Suède et Malaga en Espagne.

Son plus beau fait d’armes reste le Mondial 2015 où elle atteint les huitièmes de finale. Au Canada, la Lionne enchaîne les performances. En ouverture, elle s’offre un triplé face à l’Équateur (6-0). À 22 ans, elle est élue footballeuse africaine de l’année quelques mois plus tard. « Tu as la fougue des champions et la sélection féminine et toi, incarnez la renaissance du football camerounais. Merci de perpétuer l’espoir et le rêve », avait alors écrit son compatriote Samuel Eto’o. « Au Canada, elle avait dit : "C’est le moment pour nous d’écrire une page du football camerounais" », se souvient Alain Djeumfa.

Très importante dans le vestiaire

Mais Gaëlle Enganamouit a ensuite eu du mal avec sa sélection à cause de blessures à répétition. Lors du dernier Mondial en France en 2019, son sélectionneur avait essuyé des critiques en l’intégrant dans le groupe. Elle n’avait plus de club après son départ précipité de Malaga en février. La Camerounaise n’avait disputé aucun match de préparation avant le début du Mondial.

Alain Djeumfa n’en avait pas fait pour autant une titulaire indiscutable sur le terrain. Mais il savait très bien ce qu’elle était capable d’apporter au groupe. « Elle a été très importante dans le vestiaire. Comme toujours, elle a poussé ses camarades. Elle est un exemple pour la jeunesse camerounaise », raconte aujourd’hui le technicien. En France, le Cameroun atteint aussi les huitièmes de finale, battu face à l'Angleterre.

Un but au bout de trois secondes !

Gaëlle Enganamouit, attaquante puissante, reconnaissable à sa pointe de vitesse, restera notamment comme la joueuse la plus rapide de l'histoire à marquer un but. En 2013, elle évolue avec les Serbes du Spartak Subotica et marque après trois secondes de jeu. Depuis le rond central, la Camerounaise envoie le ballon dans la lucarne adverse. Dotées de qualités physiques impressionnantes, Gaëlle Enganamouit était très à l’aise avec ses deux pieds, et disposait d’un excellent jeu de tête du haut de ses 1,80 m.

Très attachée au Cameroun, Gaëlle Enganamouit a créé la fondation « L’enfant des rails » pour venir en aide aux jeunes orphelins. Elle a aussi lancé la première école féminine de football du pays : « la Rails Football Academy » pour que les jeunes filles ne rencontrent pas les difficultés qu’elle a vécues à ses débuts dans le foot.

« Gaëlle a beaucoup apporté au football féminin, estime Alain Djeumfa. Elle pourrait aider la Fédération camerounaise, la CAF ou la Fifa. Elle a encore beaucoup de chose à donner au football féminin ».

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