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Foot: une réforme de la nationalité sportive au service de l’Afrique?

Grâce à la nouvelle réforme de la FIFA, Munir El Haddadi pourrait finalement porter le maillot de l'équipe du Maroc.
Grâce à la nouvelle réforme de la FIFA, Munir El Haddadi pourrait finalement porter le maillot de l'équipe du Maroc. Ina Fassbender/Pool via REUTERS
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La Fédération internationale de football (FIFA) a validé ce 18 septembre 2020 une nouvelle réforme du changement de nationalité sportive qui pourrait profiter aux sélections africaines. À plus long terme. Explications…

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La presse spécialisée l’appelle la « Réforme El Haddadi ». Et pour cause : ce 18 septembre 2020, la Fédération internationale de football (FIFA) a adopté de nouvelles règles sur le changement de nationalité sportive qui semblent quasiment taillées sur mesure pour permettre à Munir El Haddadi de défendre les couleurs de l’équipe du Maroc. Ce que cet attaquant né près de Madrid, et qui a très brièvement représenté l’Espagne lors d’un match officiel en 2014, n’a jamais pu faire, malgré un recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) déposé par la Fédération royale marocaine (FRMF).

Fouzi Lekjaa, le président de la FRMF, n’a pas désarmé, après que le TAS a rejeté sa demande, avant la Coupe du monde 2018. Le vice-président de la Confédération africaine de football (CAF) a été un des grands artisans de la nouvelle règle qui prévaut désormais au niveau mondial pour tout joueur voulant changer d’équipe nationale A : avoir eu moins de 21 ans lors de son dernier match international en A, compter 3 sélections au maximum, ne plus avoir joué avec ladite équipe nationale A depuis au moins de 3 ans, et ne pas avoir disputé de rencontres avec elle en phase finale d’une grande compétition.

Zakaria Bakkali et Anwar El Ghazi également concernés

Qu’est-ce qui a changé, finalement ? Et bien, avant, toute participation à un match en éliminatoires rendait quasiment impossible – sauf circonstances exceptionnelles liées à des questions géopolitiques – le changement de nationalité sportive. Désormais, avoir joué les qualifications de la Coupe du monde ou de l’Euro ne sera plus rédhibitoire.

Une bonne nouvelle pour de futurs jeunes binationaux souhaitant changer d’allégeance, après une première expérience peu convaincante. À l’heure actuelle, les joueurs d'origines africaines pouvant immédiatement bénéficier de cette réforme semblent très peu nombreux. Hormis Munir El Haddadi, le Belge Zakaria Bakkali et le Néerlandais Anwar El Ghazi auraient, par exemple, s’ils le souhaitent, la possibilité de rejoindre les Lions de l’Atlas. Ce qui ne déplairait sans doute pas à Fouzi Lekjaa.

Des sélectionneurs favorables

Les sélectionneurs d’équipes africaines joints par RFI, eux, sont plutôt positifs. Celui du Nigeria, le Germano-Français Gernot Rohr voit ça d’un bon œil : « Je pense que c’est tout d’abord une bonne chose pour les jeunes joueurs qui sont concernés par cette mesure, parce qu’il arrive parfois qu’un joueur de moins de 21 ans ait été sélectionné dans son pays européen, justement pour qu’il soit bloqué et qu’il ne puisse pas jouer pour le pays de ses parents ou pour celui où il est né. » Il ajoute : « C’est une bonne chose, qui va dans le bon sens, parce que ça donne davantage de liberté aux jeunes joueurs. On peut faire des erreurs, lorsqu’on a 20 ans. Or, avec ce nouveau règlement, il est possible de changer de pays. »

Pour le coach du Bénin, Michel Dussuyer, « c’est une réforme qui est profitable aux sélections africaines, […] c'est un assouplissement, même s’il est très encadré et très limité ». Le Français souligne : « Ça laisse la porte ouverte à de jeunes joueurs qui voudraient rejoindre une équipe nationale et profiter des compétitions internationales, pour pouvoir vivre des moments forts. »

Propos recueillis par Alejandro Valente et Hugo Moissonnier,

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