Ligue 1: Wahbi Khazri, une renaissance à point nommé

La joie de Wahbi Khazri après un but face à Strasbourg en Ligue 1.
La joie de Wahbi Khazri après un but face à Strasbourg en Ligue 1. FREDERICK FLORIN / AFP

Samedi 24 avril face à Brest, Saint-Étienne pourrait remporter une victoire qui serait presque synonyme de maintien. L’entraîneur Claude Puel pourra certainement compter sur l’international tunisien Wahbi Khazri, qui a brillé ces dernières semaines après une période compliquée.

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Croisé à plusieurs reprises lors des Coupes d’Afrique des nations et au Mondial 2018 en Russie, Wahbi Khazri fait partie des joueurs qui ne fuient jamais les questions, ni leur responsabilité. L’international tunisien, poussé vers la sortie et écarté du groupe par l’entraîneur Claude Puel est en train de revenir sur le devant de la scène pour permettre à Saint-Étienne de terminer la saison 2020-2021 plus sereinement. Il est finalement sorti du placard pour marquer lors des trois dernières victoires des Verts contre Angers (1-0), Nîmes (2-0) et Bordeaux (4-1), club contre lequel il a inscrit le premier triplé de sa carrière.

« Quand on me fait confiance, ça ne se passe pas trop mal généralement »

« Ce n’a pas été facile pour lui, mais il est costaud mentalement. On se parle tous les jours au téléphone mais il n’est pas du genre à se plaindre et s’apitoyer », a témoigné son grand frère Foued dans les colonnes du Parisien. Ajoutant : « Wahbi est quelqu’un de respectueux, ce n’est pas son genre de faire la gueule dans son coin ou d’aller faire des grandes déclarations. On a été éduqué comme ça. » Encouragé par le clan familial, et aussi la sélection tunisienne (il avait opté pour la Tunisie en 2012 sous la houlette de Sami Trabelsi), Wahbi Khazri, 30 ans, n’a pas baissé la tête et a continué à croire à son métier. Car Saint-Étienne aurait bien voulu l’envoyer au Qatar ou en Turquie. Lui ne voulait pas de ces destinations.

« Quand on me fait confiance, ça ne se passe pas trop mal généralement. Je ne jouais pas pour certaines raisons mais ça ne faisait pas de moi un mauvais joueur. Je n’en ai jamais été un. Je n’ai pas changé. Ce n’est pas une saison facile pour moi mais j’ai toujours essayé d’avoir le bon état d’esprit », a raconté le capitaine des Aigles de Carthage après son triplé face à Bordeaux. « Wahbi Khazri a fait les efforts ces dernières semaines et a su se rendre indispensable. Le groupe a envie de vivre quelque chose de bien jusqu'à la fin de saison sans rien lâcher », a commenté Claude Puel.

L’été dernier, son salaire important, environ 200 000 euros mensuels, en avait fait une cible du technicien dans sa politique de réduction des coûts, alors que Saint-Étienne a des difficultés financières tant en raison de la crise sanitaire que celle des droits TV. Le Tunisien s’était donc retrouvé sur un siège éjectable, comme Yann M’Vila, parti libre à l’Olympiakos en Grèce, ou encore l’international algérien Ryad Boudebouz dont le départ n’a pu se concrétiser malgré une offre au Moyen-Orient. Mais les deux joueurs risquent de devoir à nouveau chercher une porte de sortie cet été.

Les Tunisiens Wahbi Khazri et Taha Khenissi (à droite) ont contribué à la treizième qualification de suite des Aigles de Carthage pour une Coupe d'Afrique des nations.
Les Tunisiens Wahbi Khazri et Taha Khenissi (à droite) ont contribué à la treizième qualification de suite des Aigles de Carthage pour une Coupe d'Afrique des nations. SALAH HABIBI / AFP

La pression de Claude Puel

Les Verts avaient obtenu le transfert de Khazri de Sunderland pour 7 millions d’euros en juillet 2018. Mais en octobre 2019, Claude Puel avait déjà marqué son mécontentement envers lui en lui reprochant ses performances. « Je ne lui demande pas de marcher sur l’eau, juste de courir sur le terrain », avait-il lâché. Moins efficace, le N°10 Stéphanois avait terminé l’exercice 2019-2020 avec seulement trois buts et deux passes décisives. Pourtant, la saison précédente, il avait largement brillé avec treize buts et six passes décisives.  

Samedi, à domicile, face à Brest, pour la 34e journée, Wahbi Khazri voudra certainement prouver que Saint-Étienne peut encore compter sur lui, du moins jusqu’à la fin de la saison. L’homme qui avait déjà vécu une renaissance au Stade Rennais après son départ de Premier League a visiblement de la ressource.

On se souvient que même éliminé du Mondial 2018 après les deux premières rencontres, il avait tenu à sortir la tête haute. Face au Panama, pour la troisième rencontre des Aigles de Carthage, il avait inscrit un but en fin de première période et délivré une passe décisive. 

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