AFRIQUE-FRANCE/SOMMET

Paris-Nice à pied pour réclamer la régularisation des sans-papiers

Marion Urban/RFI

Les travailleurs clandestins qui ont quitté Paris le 1er mai dernier pour rejoindre Nice à pied où se déroule le sommet sont arrivés ce 30 mai 2010. Ils veulent dénoncer l'idée de l'immigration choisie, pronée par Nicolas Sarkozy et exigent la régularisation de tous les sans-papiers.

Publicité

«Même si nous ne les rencontrons pas. Nous avons gagné !». Les travailleurs sans papiers sont émus, heureux et fiers. Depuis un mois, ils ont marché de ville en village pour porter leurs revendications. Ils étaient 83 au départ, une petite centaine à l'arrivée ce dimanche. Le dernier tronçon n'a pas été de tout repos bien qu'il se soit fait en bus. 

Depuis Cannes, ce samedi, les forces de sécurité suivent à la trace les clandestins dont certains sont en grève depuis de nombreux mois pour exiger leur régularisation. Le périmètre qui leur a été accordé pour manifester à Nice tient dans un mouchoir de poche et est situé à un bon quart d'heure à pied du lieu des rencontres des chefs d'Etat. Mais l'ambiance est au rendez-vous comme lors de toutes les manifestations qui ont lieu sur ce thème depuis 2008.

DIAPORAMA

 

Nous sommes partis de Paris le 1er mai, on marche trente à quarante km par jour...

Aliou Sow, participant de la marche Paris-Nice des sans-papiers

Sur les 700 km du parcours, le groupe a été accueilli par des militants des droits humains, des membres de la Confédération paysanne, des mouvements alternatifs, des associations de jeunes et des gens tout simplement concernés. Dans un coin de la placette niçoise, Olivier Besançenot du Nouveau parti anticapitaliste et ancien candidat à la présidentielle  (2007), se garde de prendre le devant de la scène.

«Nous avons rencontré des soutiens partout où nous sommes passés. C'est cela notre victoire». Les marcheurs se régalent de leur initiative. Au bout de la route, il y avait l'espoir de rencontrer quelques délégations d'autant qu'un atelier du sommet de Nice, prévu pour ce lundi 31 mai, doit évoquer la part financière des migrants dans le développement de leur pays d'origine, avec en corollaire le retour au pays. Mais «dans une France qui criminalise les luttes sociales», faisait remarquer ce dimanche, Catherine Choquet de la Ligue des droits de l'homme, la chose paraît improbable.

Notre dossier spécial

Un contresommet s'ouvre également aujourd'hui, à Nice.

______________

Une équipe audio et vidéo a enregistré et filmé tous les épisodes de la marche entre Paris et Nice. Selon les recommandations des militants, l'épisode «Avignon» est le plus coquasse.

Et aussi :
le site de l'association Le ministère de la régularisation de tous les sans-papiers

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail