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Revue de presse Afrique

A la Une : l’enquête sur la mort de Floribert Chebeya

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Une enquête qui apparemment progresse à grands pas. La photo du suspect N°1 est à la Une de la presse congolaise. Une photo publiée, entre autres, par le quotidien L’Observateur. Le cliché a sans doute été pris lors d’une cérémonie officielle. On y voit John Numbi, sanglé dans son uniforme bleu de la Police nationale congolaise. Sur ses épaules, les trois étoiles dorées indiquant son grade d’inspecteur général. C’est donc un très gros responsable qui a été appréhendé ce week-end. « John Numbi : premier suspect », titre Le Potentiel qui précise que l’officier supérieur n’est pour l’instant que « suspendu ». Le Potentiel qui insiste sur la « détermination du chef de l’Etat de voir toute la lumière faite sur cette affaire. » Il faut dire, relève le journal, que « Kinshasa subit depuis la mort de Floribert Chebeya une forte pression internationale. Les Etats-Unis, la France l’Union européenne, la Belgique, les Pays-Bas, Human Rights Watch, Amnesty international, et d’autres ONG internationales et nationales ont réclamé aux autorités de Kinshasa 'une enquête indépendante, impartiale et transparente'. Bien plus, poursuit Le Potentiel, Washington a proposé de faire venir en RDC 'des experts légistes américains pour assister les autorités congolaises dans l’enquête'. »

C’est donc dans ce contexte, affirme le quotidien de Kinshasa, que « le Chef de l’Etat a décidé de s’occuper personnellement de ce dossier pour que la vérité triomphe, et que la crédibilité des institutions soit sauve. Pour que tous ceux qui ont trempé de loin ou de près dans cette mort, une fois leurs responsabilités établies, soient sanctionnés sans pitié.»

Le colonel aurait avoué…

Pour les médias congolais d’opposition, notamment pour le site d’information KongoTimes, il ne fait guère de doute que les services de police sont directement impliqués dans l’assassinat du militant des droits de l’homme. KongoTimes qui affirme que « selon une source proche de l'enquête », John Numbi aurait été non seulement suspendu mais aussi finalement « arrêté. Il serait suspecté d’être mêlé à l'assassinat de Floribert Chebeya. L'un de ses hommes, le colonel Daniel Moukalaye, l'aurait mis en cause directement. » Ce colonel, poursuit KongoTimes, « aurait avoué l’assassinat de Floribert Chebeya, sans avoir eu l’intention de le tuer. Et il aurait déclaré avoir agi sur ordre du général Numbi. » D’autres hauts responsables auraient aussi été arrêtés, précise encore le site : « des officiers et agents de la direction des renseignements et des services spéciaux de police. Parmi eux, se trouverait également un major de la garde présidentielle. La garde présidentielle qui a été placée en alerte rouge », affirme KongoTimes.

Cette affaire déborde bien sûr des frontières congolaises. « RDC : arrestations en série dans la police », constate Cameroon Tribune. « Assassinat d’un défenseur des droits de l’Homme en RDC. Des arrestations dans les rangs du pouvoir : réalité ou mise en scène ? » s’interroge pour sa part le tri-hebdomadaire Liberté au Togo. « Il y a lieu de se poser la question de savoir s’il s’agit de vraies arrestations, affirme le journal, qui prouveront au bout du compte toute la bonne foi et la sincérité du président Kabila et de son équipe ainsi que sa totale désapprobation par rapport à cet acte criminel contre un défenseur des droits de l’Homme. » Ou alors, s’interroge Liberté, « s’agirait-il d’une mise en scène de la part des autorités congolaises, juste pour amener l’opinion internationale à croire en leur sincérité en matière de respect des droits de l’Homme en RDC ? »

Accablement et peur…

Réactions et commentaires également dans la presse française. « Meurtre d’un opposant : Kinshasa poussé à agir », titre Libération. « En RDC, l’impunité est la règle, écrit le quotidien français. Mais cette fois, les autorités de Kinshasa n’ont pas eu le choix. Soumises à une intense pression de la communauté internationale (…), elles se sont résolues à agir vite. » Libération rappelle par ailleurs que « arrêté à plusieurs reprises par le passé, Floribert Chebeya était régulièrement menacé par les forces de sécurité. Mais ces pressions répétées ne l’avaient pas dissuadé de dénoncer, sans relâche, les arrestations arbitraires ainsi que les terribles conditions de détention dans les prisons (…). »

La Croix, autre quotidien français, affirme de son côté que « l’assassinat mardi dernier à Kinshasa de Floribert Chebeya, le président de La Voix des sans voix, suscite accablement et peur au sein de la société civile congolaise. »

A qui profite le crime ?

Enfin, on revient au quotidien congolais L’Observateur qui, dans son éditorial ce lundi matin, rend un hommage émouvant à Chebeya. « Le martyr de l’intolérance », titre le journal qui constate que le militant des droits de l’homme a été « expédié précipitamment ad patres par ceux qui croient que la République ne peut respirer que par leurs seuls poumons à eux. Et que dans ce pays, il ne peut être permis de penser autrement. (…) L'histoire (…) retiendra que cet homme est mort, assassiné, victime de la cécité et de l'intolérance politique. (…) Une bavure de cette nature et de cette gravité ne peut pas ne pas laisser de traces, estime L’Observateur. En attendant, conclut le journal, la République doit répondre, dans les meilleurs délais, et sans équivoque, à cette question de savoir à qui finalement pourrait profiter un crime qui jette un voile de honte sur notre pays. Et sur chacun d'entre nous. »

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