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Afrique du Sud / Coupe du monde de football

Le foot contre l’homophobie

L'équipe Lulekisizwe au grand complet
L'équipe Lulekisizwe au grand complet Antoine Gazeau
Texte par : Clémence Petit-Perrot
4 mn

La Coupe du Monde est une occasion rêvée pour faire reculer la vague homophobe qui touche actuellement le continent africain. En la matière, l’Afrique du Sud nage en pleine schizophrénie. Avec une des Constitutions les plus libérales au monde, le pays des Bafana Bafana, est le seul sur le continent à autoriser le mariage homosexuel. Pourtant on y compte prés de 56 000 viols d'homosexuel(le)s par an, et 31 meurtres homophobes ont été recensés ces 10 dernières années. Ce dernier chiffre ne représenterait que 10% du total réel des lesbiennes à qui leurs orientations sexuelles ont coûté la vie. Au Cap, plusieurs équipes féminines exclusivement composées de lesbiennes ont organisé un tournoi, pour sensibiliser les Sud-Africains aux violences faites aux homosexuels.

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Le township de Khayelitsha, situé à 40 km du Cap et du stade de Green Point. Malgré la distance, ce quartier d’un million d’habitants, vibre au rythme de la Coupe du Monde.

Sur le terrain de foot adjacent au Fan Park, où 20 000 personnes se rassemblent tous les jours pour regarder les matchs, deux équipes féminines s’affrontent avec une énergie hors du commun. Toutes les joueuses sont homosexuelles. Beaucoup ont été victimes d’insultes, de coups, voire de viols. Le ballon au pied et la rage au ventre, elles combattent l’homophobie. Et sur le bord du terrain, les joueurs de l’équipe locale ne peuvent que les admirer : « Elles jouent bien, savent dribbler. Regardez comment elle vient de passer la balle. Elles savent jouer ces filles là ! Bien sur, certaine pourraient jouer pour l’équipe féminine nationale les Banyana Banyana. » s’extasie Themba, les crampons à la main.
 

Le but de la victoire pour l'équipe Lulekisizwe.
Le but de la victoire pour l'équipe Lulekisizwe. Antoine Gazeau

«On ne peut pas juger une personne sur sa façon de vivre. Moi je n’ai pas de problème avec ça, mais il y a des gens qui ne comprennent pas le changement, ils sont bloqués dans le passé. Mais je pense que le fait qu’elles jouent ici, ça va changer l’état d’esprit de beaucoup de gens. » assure Michael.

Le match à l’ambiance électrique s’achève dans l’apothéose d’une série de tirs au but. L’équipe Lulekisizwe du township de Gugulethu remporte la victoire. Ayanda, La gardienne, dreadlocks et sourire jusqu’aux oreilles, laisse éclater sa joie : « Arrêter ce but, c’était le meilleur moyen de montrer qui je suis. Il y a peu de filles qui jouent aussi bien que nous. Et je veux montrer aux jeunes lesbiennes que la clé est là. »
 
Un sentiment partagé par Yolandi, une des attaquantes : « On a gagné, on a gagné et je suis tellement fière. Je suis fière d’être une lesbienne noire qui joue au foot. C’est mon sport ! Je jouerai toujours au foot. Merci, paix, C’est génial ! »
 

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Pour Funeka Soldaat, entraineuse de l’équipe perdante, le football est un langage universel qui permet de combattre l’ignorance et l’intolérance.  « C’est important pour les gens de pouvoir rencontrer des lesbiennes. C’est aussi une occasion pour la communauté de réaliser que notre vie ce n’est pas juste les violences homophobes mais qu’on a aussi on a le droit de s’amuser ! » s’exclame-t-elle.
 
Le tournoi qui regroupe 12 équipes venant de tout le pays se poursuit durant toute la durée du Mondial. 

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