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Guinée / Election présidentielle

Campagne électorale : la kermesse des dernières heures

Campagne de sensibilisation pendant la campagne présidentielle guinéenne, à Conakry, le 25 juin 2010.
Campagne de sensibilisation pendant la campagne présidentielle guinéenne, à Conakry, le 25 juin 2010. AFP / Seyllou
Texte par : RFI Suivre
8 mn

La campagne électorale s'est achevée au soir du 25 juin 2010 à Conakry, avec le retour de deux candidats dans la capitale, Lansana Kouyaté et Alpha Condé. Les partisans d'Alpha Condé, candidat du RPG, ont envahi les rues de la capitale pour une immense kermesse qui s'est déroulée sans heurts, ni incidents. Pour la première fois depuis son indépendance, la Guinée va voter librement dimanche 27 juin.

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Dossier spécial présidentielle en Guinée

Pour les habitants de Conakry, cette fin de campagne ressemble à une gigantesque kermesse : podiums ambulants, tee-shirts à l’effigie des candidats, mouvements de foule, excitation générale et bien sûr quelques jets de pierres.

La jeunesse s’amuse tandis que les plus âgés attendent le passage des candidats le long des routes. Après les affrontements du jeudi 24 juin 2010 le calme est revenu et les policiers débonnaires n’avaient pas grand-chose à faire ce vendredi. « Nous sommes là pour la sécurité de la population mais pour le moment il n’y a pas de problème. Il y a de la joie…il faut aller en campagne, tout va bien » déclare l'un d'eux.

Chronique de Jean Baptiste Placca du 26/06/2010

Après Cellou Dalein Diallo jeudi, le candidat Alpha Condé a fait sortir vendredi les habitants dans les rues et s’est offert un interminable bain de foule sur l’axe principal de la capitale. Ses partisans, comme tous ceux des autres partis espèrent un scrutin transparent : « Ce sont les premières élections libres et transparentes que le pays ait connu, et puis il y a vraiment de l‘indépendance. Nous souhaitons que cela se passe dans un climat d’entente et de cordialité. La Guinée est une famille aussi ! » témoigne un de ses supporters.

Le bilan des affrontements de jeudi reste encore flou. On sait qu’il y a eu au moins une soixantaine de blessés mais, selon la police, les morts enregistrés l’ont été à cause d’accidents de la route et non en raison des violences électorales.

Une campagne libre et passionnée

Les Guinéens viennent de vivre un évènement. Pour la première fois en cinquante-deux ans d’indépendance, le pays a connu quarante jours d’une campagne électorale libre, passionnante et souvent passionnée. C’est inédit dans ce pays habitué aux campagnes ternes et aux scrutins gagnés d’avance par le pouvoir.

Le chemin parcouru est impressionnant. Vingt-quatre candidats qui ont sillonné le pays, animé des centaines de rencontres et de meetings. Des dizaines et des dizaines de milliers de teeshirts distribués, des affiches, des cortèges, des podiums, des kermesses dans les quartiers. Contrairement aux bonnes vieilles habitudes, pas un seul candidat n’a été inquiété ou pourchassé par l’administration. En quarante jours les Guinéens ont rattrapé un demi-siècle de rendez-vous manqués avec la démocratie. Partout la population a répondu présent aux hommes politiques et s’est passionnée pour cette campagne d’un genre nouveau.

Certes, tout n’est pas parfait. Le vote communautaire, et ses clivages, inquiète nombre d’observateurs ; la passion a parfois débouché sur des violences. Enfin, l’inconnu demeure l’organisation technique du scrutin. La CENI croise les doigts en priant pour que les opérations de vote se déroulent sans heurts. Mais quoi qu’il advienne, on peut déjà dire que la Guinée vient d’entrer dans une autre époque de son histoire politique.

RFI

 

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