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Afrique du Sud

En Afrique du Sud la course à l'électricité pour voir le Mondial

Des millions de personnes habitent entassées dans des bidonvilles qui souvent ne sont pas raccordés au réseau électrique.
Des millions de personnes habitent entassées dans des bidonvilles qui souvent ne sont pas raccordés au réseau électrique. RFI / Nicolas Champeaux
Texte par : Nicolas Champeaux
4 mn

En Afrique du Sud, les gouvernements successifs du parti ANC ont bâti trois millions de logements subventionnés depuis l’élection de Nelson Mandela en 1994. Mais des millions de personnes attendent toujours des logements en dur. Ils habitent entassés dans des bidonvilles qui souvent ne sont pas raccordés au réseau électrique. Mais les raccordements illégaux sont fréquents, surtout durant le Mondial de football. Reportage de Nicolas Champeaux dans un bidonville de Diepsloot, à une vingtaine de kilomètres au nord de Johannesburg.

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Dossier spécial : L'Afrique du Sud à l'heure du Mondial

Nancy est très populaire à Diepsloot, sa cabane de tôle est raccordée illégalement au réseau électrique, pour le bonheur du voisinage. « Le township est dangereux la nuit, et l’écran géant est à des kilomètres. Donc moi j’ouvre ma porte même à des gens que je ne connais pas, parce que je me dis qu’ils ont le droit de regarder le match. Quinze minutes avant le coup d’envoi je fais un peu de rangements pour que les gens aient de la place. Ils s’installent sur la table et sur le lit, et ils regardent le foot. Cela fait que je suis devenue très populaire ici, je suis la reine »...

Brian le mari de Nancy vit de petits boulots dans le bâtiment, il s’est chargé de l’installation électrique illégale. Une prestation qu’il facture aussi à ses amis, trente euros le raccordement : « Je sais faire les raccordements, donc les gens viennent me voir. On discute, j’achète des câbles, et je les raccorde. Ce n’est pas très compliqué. Bon c’est illégal, mais on n’a pas le choix. L’électricité, on ne peut pas faire sans ».

Une compagnie de téléphonie mobile avait bien installé un écran géant dans le township, mais il y a eu une panne de transformateur dix minutes avant le coup d’envoi d’Afrique du Sud-Uruguay le 16 Juin. Environ deux cents personnes avaient bravé le froid pour regarder le match, le courant n’a pas été rétabli. Kaylitcha et ses amis étaient dépités :«  Les quartiers riches n’ont pas ce genre de problèmes, mais ici dans les townships les services publics sont vraiment défaillants ».

Le bidonville de Diepsloot, à une vingtaine de kilomètres au nord de Johannesburg.
Le bidonville de Diepsloot, à une vingtaine de kilomètres au nord de Johannesburg. RFI / Nicolas Champeaux

Les communautés résistent

Les raccordements illégaux représentent cent millions d’euros de manque à gagner par an pour l’opérateur national d’électricité Eskom. Par ailleurs ils sont dangereux, les électrocutions sont fréquentes. Mais les équipes de Maboe Maphaka, responsable de la distribution à Eskom, sont comme démunies face à ce problème complexe et épineux : «  Quand on envoie des équipes pour défaire les raccordements illégaux, souvent les communautés résistent. Elles immobilisent nos voitures, jettent des pierres à mes techniciens et les empêchent d’entrer. Donc c’est dangereux pour mes équipes. Et quand on parvient à entrer et à déconnecter les câbles, finalement ça ne sert à rien car ils repassent derrière nous quelques heures plus tard et remettent en place les raccordements illégaux ».

Plusieurs millions de Sud-Africains habitent dans des campements informels, lorsqu’ils sont implantés sur des sites exposés aux inondations Eskom refuse de les raccorder au réseau électrique.
 

 

 

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