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Afrique du Sud / Coupe du Monde de football

Afrique du Sud : l’effet unificateur du Mondial

Des supporters attendent ensemble le bus à la station Constitution Hill avant le quart de finale du Ghana face à l'Uruguay.
Des supporters attendent ensemble le bus à la station Constitution Hill avant le quart de finale du Ghana face à l'Uruguay. Nicolas Champeaux/RFI
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La Coupe du Monde a non seulement déclenché une explosion du patriotisme en Afrique du Sud mais elle a également changé les comportements des Sud-Africains. Du fait des écarts de richesses, Blancs et Noirs vivent encore séparés seize ans après l’élection de Nelson Mandela. Mais en raison des embouteillages monstres sur la route des stades, les Blancs lors de ce Mondial, ont pour la première fois emprunté les transports en commun : le mode de transports des Noirs.

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Avec notre correspondant à Johannesburg, Nicolas Champeaux

A Constitution Hill, à cinq minutes des banlieues huppées de Johannesburg, et à deux pas du ghetto urbain de Hillbrow, des Blancs garent leur voiture et grimpent dans les nouveaux bus à transit rapide Rea Vaya pour gagner le stade de Soccer City. Une expérience tout à fait nouvelle pour Suzie une mère de famille blanche.

« Je n’avais jamais pris le bus de ma vie dans ma propre ville, je n’avais jamais pris le train non plus. Et je n’avais jamais emprunté les routes où le bus nous a amenés, je n’avais jamais mis les pieds dans le centre ville de Johannesburg. J’étais comme une touriste dans ma ville ! Et c’était fantastique. Et puis je ne sais pas si c’est lié à la Coupe du Monde et à l’euphorie, la bienveillance des gens mais à aucun moment je me suis sentie menacée. »

Un sentiment que partage Farouk. Ce médecin indien est ravi de pouvoir sortir de son ghetto de riches grâce aux transports du Mondial : « C’est assez réjouissant de voir que la Coupe du Monde a permis aux Blancs d’avoir accès à des transports en commun sûrs. Cela leur a permis de sortir de leurs quartiers résidentiels huppés, de leurs villas cossues sécurisées où ils sont retranchés, comme dans des prisons. Cela leur a surtout permis d’entrer en contact avec le reste du pays, et c’est merveilleux ».

Que va-t-il se passer après le Mondial ?

C’est merveilleux, mais que va-t-il se passer après le Mondial ? Pour sa part, Pria, cadre dans une société multinationale, retrouvera sa voiture après la finale du 11 Juillet :« C’est bien, mais ça ne va pas durer après la Coupe du Monde, et puis comme le dit mon mari là ça va, parce que l’on se sent en sécurité, mais ça ne sera plus le cas après la Coupe du Monde ».

La police est visible dans les stations et les employés des bus Rea Vaya escortent les voyageurs jusqu’aux caisses, comme l’explique Terence, manager de la station Constitution Hill : « Ça m’a un peu inquiété de vous voir tout seul comme ça parce qu’on ne peut pas faire confiance aux gens et puis vous avez du matériel avec vous et ce n’est pas un endroit sûr ici ».

Terence comme d’autres Noirs est ravi de voir les Blancs dans les bus : « Les Blancs sourient quand ils montent dans le bus car ils sont assis à côté de Noirs et ils échangent des idées ensemble. Les Blancs ont de très belles voitures, chères, et de les voir les abandonner pour grimper dans le bus, c’est tout de même quelque chose ! Je suis saisi. Mais il n’y a pas que l’exemple des bus. Deux matchs de rugby, le sport des Blancs, ont été disputés à Orlando à Soweto, et on a vu des Blancs dans les townships Noirs, ce qui est rare. Cela aussi contribue à l’unité du pays. Et cela montre que les Blancs nous comprennent et qu’ils nous acceptent en tant qu’êtres humains ».

Les autorités sud-africaines ont promis de réfléchir aux moyens de donner une seconde vie à toutes les initiatives qui ont rassemblé les Noirs et les Blancs durant le Mondial.

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