Kenya

Forte participation au référendum constitutionnel au Kenya

Les électeurs kenyans attendent leur tour pour voter.
Les électeurs kenyans attendent leur tour pour voter. REUTERS/

Les 12,4 millions d’électeurs kényans étaient invités ce mercredi 4 août 2010 à se prononcer sur un projet de nouvelle Constitution, censée rendre leurs institutions plus démocratiques. Les bureaux de vote étaient bondés, signe d'une forte paricipation au scrutin. Le Premier ministre, Raila Odinga, pronostique déjà une victoire du « oui » à 70%.

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Il y a eu beaucoup de monde dans les bureaux de vote kényans depuis ce matin. Le référendum était visiblement très attendu. Le texte soumis à l’approbation des électeurs est défendu tout à la fois par le chef de l'Etat Mwai Kibaki et par son Premier ministre Raila Odinga. Le scrutin a été placé sous haute surveillance, pour éviter la répétition des violences post-électorales de fin 2007-début 2008.

Les files d’attente étaient particulièrement visibles, depuis 6 heures du matin (03H00 Temps universel), à Nairobi et dans les alentours de la capitale kényane. A midi, ces files avaient à peine diminué. Certains électeurs étaient venus vers 3 heures du matin, ce qui a provoqué très tôt des attentes ; d’autres ne comprenaient pas pourquoi les bureaux de vote n’ouvraient qu’à 6 heures.

Le Premier ministre Raila Odinga est allé voter dans son bastion de Kibera, le bidonville de Nairobi, où une foule impressionnante l’a accueilli. Parmi les électeurs kényans, ce qui revient le plus souvent c’est le sentiment d’un jour historique pour le pays qu’ils ne veulent pas rater. « On a attendu une nouvelle Constitution pendant des années, il fallait que je vienne pour exercer mon droit », nous disait Samuel, infirmier de la ville de Limuru, située à une vingtaine de kilomètres au nord-est de la capitale.

Pour d’autres électeurs, voter « oui » est aussi un moyen d’éviter les violences de 2008. En effet, les deux anciens frères ennemis - Mwai Kibaki et Raila Odinga – sont maintenant alliés pour ce projet de Constitution. Il faut signaler la mise en place d’un système électronique qui transmettra les résultats par SMS et par ordinateur, parallèlement aux procès verbaux. Ce système est destiné à éviter les fraudes massives qui avaient marqué fin 2007, la réélection du président Kibaki. Reste à savoir comment va se dérouler le dépouillement de ce scrutin.

Les enjeux principaux du référendum sont l’équilibre des pouvoirs, un système présidentiel, mais aussi la création d’un Sénat, plus de pouvoir au Parlement et des dispositions pour garantir l'indépendance du pouvoir judiciaire. Pour le camp du « non », c’est surtout la question de la terre qui a émaillé les discours. Le document prévoit, en effet, de limiter la surface des grandes propriétés pour réparer les injustices du passé, c'est-à-dire le clientélisme qui consistait à distribuer des terres selon les alliances politiques. Cela fait craindre à certains des expropriations abusives. Mais, surtout, ce sont les grands propriétaires qui se sentent menacés et, parmi eux, certains hommes politiques très connus. 

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