Guinée

Second tour de l’élection présidentielle en Guinée: l’impatience grandit

Le Premier ministre guinéen Jean-Marie Doré.
Le Premier ministre guinéen Jean-Marie Doré. AFP/Seyllou

Face aux manifestations d’impatience de la population guinéenne, le Premier ministre Jean-Marie Doré a expliqué, mercredi 4 août 2010, qu’il exige « des élections crédibles et sans bavures ». La Commission électorale nationale indépendante veut, quant à elle, des élections « vraiment claires et sans contestation ».

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« Nous voulons un second tour ! ». En Guinée, tout le monde attend avec impatience la tenue du second tour. De plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer qu'une date soit fixée au plus vite pour en finir avec cette présidentielle dont le processus est sérieusement ralenti. Et y compris la voix du président burkinabé, Blaise Compaoré qui fait office de médiateur. A cela s'ajoutent, aussi, les prises de position du Conseil national des organisations de la société civile et du Mouvement social guinéen qui demandent à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) de fixer la date du second tour de la présidentielle au 22 août, pas plus tard.

Face à ces manifestations d’impatience, le Premier ministre Jean-Marie Doré, accusé de vouloir reporter le scrutin pour prolonger la transition et rester en fonction le plus longtemps possible, s'en est défendu et a fait une mise au point lors d'une conférence de presse a Conakry. Il a estimé que le plus important est d’assurer la crédibilité de second tour de la présidentielle : « Ce que nous voulons, notre satisfaction, c’est de sortir de cette transition la tête haute. Et, tant qu’il y a un inconvénient sur le terrain, nous allons parler, agir pour que cet inconvénient soit levé, avant l’organisation de l’élection ».

Le Premier ministre guinéen a également estimé qu’il faut que « les élections ne donnent pas lieu à des contestations, aux divagations meurtrières que l’on a connues au Kenya, à Freetown (Sierra-Leone), à cause de la contestation des résultats des élections. Il ne faut pas jouer avec ça ». Jean-Marie Doré a ajouté qu’il va falloir corriger dans les faits « les insuffisances, les lacunes constatées et les dérives », survenues lors du premier tour du scrutin qui s’est déroulé le 27 juin dernier, « pour que chacun se dise, oui le maximum a été fait pour que les élections soient transparentes », cela pour que « la légitimité du président qui sera élu ne soit pas contestée. Aussi longtemps que je serai Premier ministre, souffrez que j’exige que les élections soient transparentes, mais sans bavures ».

Selon la Constitution, le second tour aurait dû se tenir mercredi 4 août, soit 14 jours après la proclamation des résultats définitifs du premier tour. A ce sujet, Foumba Kourouma, vice-président de la Commission électorale nationale indépendante, a estimé aux micros de RFI que « malheureusement » aucune date pour le second tour n’a pas encore été fixée : « Nous avons juste obtenu une ordonnance de la Cour suprême qui a accepté qu’on déroge à la date réglementaire, sans fixer aucune autre date ». Il a également fait état des problèmes qui avaient été soulevés, notamment l’éloignement de certains bureaux de vote, les cartes d’électeur et la formation des membres des bureaux de vote. Le vice-président de la Ceni a conclu : « Cette fois-ci, on veut que les élections soient vraiment claires et sans contestation. Malheureusement, des partis politiques ne sont pas d’accord sur une date. Donc nous ne pouvons pas fixer de date ».

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