Etats-Unis / Somalie

Deux Américaines accusées de soutenir les shebab en Somalie

Le procureur général Eric Holder annonce l'arrestation de 14 citoyens américains accusés d'avoir voulu rejoindre Al Qaida en Somalie, le 5 août 2010 à Washington
Le procureur général Eric Holder annonce l'arrestation de 14 citoyens américains accusés d'avoir voulu rejoindre Al Qaida en Somalie, le 5 août 2010 à Washington AFP/ Saul Loeb

Deux Américaines d'origine somalienne, arrêtées la semaine dernière, doivent être jugées aux Etats-Unis. Elles sont accusées d'avoir aidé les shebab, insurgés islamistes somaliens. Notamment en ayant levé des fonds en prétextant « qu'ils étaient destinés aux pauvres et aux nécessiteux ». Les deux femmes risquent 15 ans de prison si elles sont reconnues coupables de complot. Aux Etats-Unis, où la communauté somalienne compte près de 200 000 personnes, ces arrestations pour soutien aux shebab ne sont pas les premières. Le ministre de la justice américain a récemment dénoncé une « tendance inquiétante ».

Publicité

Pour Gérard Prunier, historien spécialiste de la corne de l'Afrique, le phénomène de soutien aux shebab somaliens est en pleine expansion aux Etats-Unis, aidé par le développement d’internet :

« C’est évidemment minoritaire mais cela reflète les divisions de la Somalie elle-même. Il y a effectivement des partisans des groupes islamistes extrémistes. Cela se passe surtout par Internet. Les cybers conflits accompagnent les conflits physiques et très souvent ces sites web sont montés par les gens de la diaspora qui ont évidemment une meilleure formation en informatique que les gens qui ont toujours vécu sur place ».

Des communautés plus surveillées

« C’est le cas notamment dans l’Etat du Minnesota (Etats-Unis) car maintenant c’est presque folklorique. Les gens qui vont s’occuper de ca, ca va souvent être des gens qui ont 'le cul entre deux chaises' ». Ce sont des gens qui ne sont plus Somaliens et pas non plus Américains.

C’est exactement comme les gens qui ont commis des attaques terroristes dans le métro de Londres il y a quelques années. C’était tous des gens de la corne de l’Afrique et presque tous étaient sans pères. Ce sont des jeunes qui grandissent dans une atmosphère de confusion mentale, politique, intellectuelle, culturelle et qui se raccroche ensuite à quelque chose qui leur donne une impression de définition personnelle ».

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail