Anniversaire des indépendances africaines

Indépendances africaines : pas de hasard dans le calendrier du mois d’août 1960

André Malraux, au début des années soixante.
André Malraux, au début des années soixante. AFP

Il y a tout juste 50 ans, le 11 août 1960, le Tchad accédait à son indépendance. Une cérémonie officielle était alors organisée à Ndjamena en présence du ministre français des Affaires culturelles, André Malraux. Dans les jours précédent, le Bénin, le Niger, le Burkina Faso ou encore la Côte d’Ivoire avaient eux aussi célébré leur indépendance. Un calendrier chargé qui n’a pas été le fruit du hasard.

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Dossier spécial 50 ans des indépendances africaines
© J-B. Pellerin

Au total, pour ce seul mois d’août 1960, ce ne sont pas moins de neuf anciennes colonies francophones qui retrouvent leur souveraineté en Afrique. L'équipe est la même : André Malraux, ministre des Affaires culturelles, est accompagné de Jean Foyer, secrétaire d'état aux Relations de la Communauté française. Le cérémonial est rodé comme du papier à musique. En ce milieu du mois d'août 1960, ce sont quatre proclamations d'indépendance qui se suivent en rafale, en moins d'une semaine.

D'abord, le Tchad. Malraux arrive à Fort-Lamy le 10 août en fin de matinée en provenance de la Côte d’Ivoire où il vient d'achever la première phase de sa tournée d'indépendance en Afrique de l'Ouest. A minuit, André Malraux, envoyé du général de Gaulle, remet solennellement au Tchad sa souveraineté. C'est à la lueur d’une lampe-torche, portée par André Malraux, que le président François Tombalbaye lit son discours au balcon d'un immeuble. André Malraux séjournera au Tchad jusqu'au 12 août avant de s'envoler dans la matinée pour la Centrafrique.

« Ce n’est pas un transfert d’attributions, c’est un transfert de destin »

13 août 1960

A Bangui, c'est quasiment les mêmes mots, prononcés la veille à Ndjamena, que prononce André Malraux dans cette nuit du 13 août, avant de s'envoler dès le lever du jour pour Brazzaville. A la cérémonie, d'un ton émouvant, il lance: « La France vous lègue des organisations économiques, administratives et financières. Celles-ci furent au service de l’État français, parfois assez noblement. Les voici au service de la République du Congo : ce n’est pas un transfert d’attributions, c’est un transfert de destin ».

Le 16 août, il arrive enfin à Libreville pour consacrer l'indépendance du Gabon le 17, et en repartira le 18 pour Paris. L’émotion, à réentendre les envolées lyriques d’André Malraux, s’atténue en constatant qu’il utilise les mêmes formules d’un pays à l’autre ! Ce que d'aucuns ont nommé la « Promotion d'août ».

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