Mauritanie / Mali / terrorisme

Omar le Sahraoui extradé de Mauritanie vers le Mali

Image non datée des trois Espagnols enlevés : Roque Pascual (G), Alicia Gomez (C, libérée depuis) et Albert Vilalta.
Image non datée des trois Espagnols enlevés : Roque Pascual (G), Alicia Gomez (C, libérée depuis) et Albert Vilalta. AFP/SITE Intelligence Group

Le Malien Omar le Sahraoui est arrivé à Bamako dans la nuit du lundi à mardi 17 août 2010. Il était jusqu'ici détenu à Nouakchott, où il avait été condamné pour avoir enlevé trois humanitaires espagnols et les avoir remis à al-Qaïda au Maghreb islamique (l'AQMI).

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Omar le Sahraoui est bien arrivé à Bamako. Le Malien, condamné en juillet dernier pour l'enlèvement de trois otages espagnols le 29 novembre 2009, a bien été extradé par Nouakchott. L’information a été confirmée ce mardi 17 août 2010 par le ministère de la Communication mauritanien. Il est parti de Nouakchott, en Mauritanie, à 21 heures locales pour arriver à Bamako quelques heures plus tard à bord d’un vol régulier. Sur place, il a été récupéré par les forces de sécurité maliennes.

La peine qui avait été prononcée à son encontre le 21 juillet dernier à Nouakchott a été confirmée en appel il y a une semaine. Il devrait donc purger ses 12 ans de réclusion avec travaux forcés dans son pays d’origine, le Mali, au nom des accords judiciaires qui existent entre les deux Etats.

Il faut rappeler qu’Omar Sid’Ahmed Ould Hamma, surnommé Omar le Sahraoui, a été condamné pour avoir enlevé trois humanitaires espagnols, dont deux (Albert Vialata, 35 ans, et Roque Pascual, 50 ans) sont toujours aux mains d’AQMI et que la négociation pour libérer ces otages est toujours en cours. Ce qui soulève un certain nombre de questions : notamment celle de savoir si Omar le Sahraoui aurait été extradé dans le cadre de ces négociations.

Une ouverture en vue des négociations sur l'échanges des otages?

Hasard du calendrier ou pas, on sait que le ministre de la Justice mauritanien était à Bamako la veille du jugement en appel du Malien. Ce qui est certain, c’est que jusqu’ici les autorités mauritaniennes ont toujours refusé de négocier avec les preneurs d’otages, contrairement au Mali voisin. On se souvient que Bamako avait libéré quatre salafistes contre le Français Pierre Camatte. Extrader Omar le Sahraoui au Mali ouvre donc la possibilité pour Bamako et Madrid de négocier un éventuel échange avec les otages espagnols.

L'AQMI avait libéré, début mars, Alicia Gomez, 35 ans, également membre de l’organisation humanitaire catalane Accio Solidaria. Cette prise d’otages a été revendiquée par un groupe d’AQMI dirigé par Mokhtar Belmokhtar, aussi nommé Belawar. Jusqu'à présent, le sort des deux otages espagnols suscitait moins d'inquiétude que celui des otages exécutés (un Britannique et un Français) par le groupe dirigé par l’Algérien Abou Zeïd, car les motivations de Belmokhtar sont essentiellement financières et non pas religieuses, selon des experts d'AQMI.

L'AQMI a revendiqué le 25 juillet dernier l'exécution d'un otage français, Michel Germaneau, 78 ans, après l'échec d'un raid militaire franco-mauritanien mené au Mali le 22 juillet pour tenter de le retrouver et au cours duquel sept djihadistes avaient été tués. Le groupe d'Abou Zeïd avait déjà tué il y a quatorze mois un autre otage occidental, le Britannique Edwin Dyer.

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