Angola / CAN 2010

Angola : procès d’un militant cabindais accusé dans l’attaque du bus des joueurs du Togo

9 janvier 2010: la police angolaise monte la garde devant le village olympique où est logée l'équipe du Togo, à Cabinda.
9 janvier 2010: la police angolaise monte la garde devant le village olympique où est logée l'équipe du Togo, à Cabinda. Reuters / Amr Abdallah Dalsh

Le procès d'un des auteurs présumés de l'attaque du bus togolais, pendant la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2010), en janvier dernier, a débuté mardi 17 août 2010 à Cabinda. Il s'agit d'un militant des droit de l’homme, Barnabé Peso Paca, qui plaide non-coupable.

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Le verdict est attendu la semaine prochaine. Il y a deux semaines, quatre personnes ont été condamnées à des peines de prison allant de trois à six ans pour leur implication dans l'attaque du bus de la sélection nationale du Togo. Cet incident avait fait deux morts lorsque le car transportant les Eperviers avait franchi la frontière du Congo, le 8 janvier dernier.

Barnabé Peso Paca, 40 ans, est ingénieur. Il milite pour les droits de l’homme et plaide non-coupable. Les autorités disent pourtant avoir retrouvé chez lui et chez les six autres militants, également arrêtés en janvier, des documents faisant référence au mouvement séparatiste Front de libération de l’enclave de Cabinda (Flec) qui a revendiqué l’attaque. Mais, selon les avocats, aucune preuve de leur participation à l’attaque. Et les dirigeants du Flec, eux-mêmes, ont indiqué que tous les accusés étaient « innocents ».

L’avocat Martinho Nombo, qui suit l’affaire de près, reste pessimiste quant au sort de Barnabé Peso Paca : « Il n’y aura aucune chance pour Barnabé. Parce que tous les gens qui ont été accusés, malgré tour ce que la défense a fait, ils ont été condamnés. Je ne serais pas surpris que la décision ait été prise au préalable avant le jugement. Ce sont des procès politiques. Des boucs-émissaires ont été choisis. Ils sont maintenant dans la situation de détenus ».

Human Rights Watch dénonce aussi ces manœuvres. Le gouvernement angolais aurait profité de la fusillade pour faire emprisonner des militants aux revendications gênantes. Barnabé Peso Paca, quant à lui, nie être l’auteur des documents retrouvés à son domicile. Et soupçonne même la police de les avoir introduits chez lui à son insu.

 

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