Togo / France

Suite à l'incident opposant un officier français à un photographe, Lomé dénonce des manipulations

Image tirée de la vidéo diffusée sur YouTube, opposant l'officier français au photographe togolais.
Image tirée de la vidéo diffusée sur YouTube, opposant l'officier français au photographe togolais.

Le ministère togolais de la Défense et des Anciens combattants a dénoncé, le 19 août 2010, des « manipulations », après la diffusion sur YouTube de l'incident qui a opposé un coopérant militaire français au Togo à un photographe de presse togolais.

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L'affaire remonte au 10 août 2010. Des manifestants avaient attaqué la voiture d'un  officier en poste à Lomé, le lieutenant-colonel Romuald Letondot. L'incident avait été photographié par Didier Ledoux, journaliste au quotidien privé Liberté. Le lieutenant-colonel, conseiller du chef d'Etat-major de l'armée de terre, l'avait alors vivement apostrophé, lui demandant d'effacer le cliché. Le tutoyant ostensiblement, il avait notamment menacé de le faire mettre « en taule » et d'appeler le Régiment des commandos de la garde présidentielle. La vidéo a été visionnée plus de 700 000 fois sur internet. C'est la première fois que les autorités togolaises s'expriment sur l'incident.

Le Togo ne cautionne pas les propos de l'officier

« Le ministère ne cautionne pas les propos de l’officier français, car ils discréditent les forces de l’ordre togolaises, a expliqué  le général Essofa Ayeva, du ministère togolais de la Défense. Ce qu'il est important de savoir, c’est que la France et le Togo sont liés par un accord de partenariat qui a été signé le 13 mars 2009, a-t-il ajouté. Au terme de cet accord, les coopérants militaires français en poste au Togo n’interviennent aucunement dans la chaîne de commandement des forces armées togolaises. Mais ils apportent leur expertise en matière de conseil et dans les programmes de formation. Donc il n’y a pas d’amalgame à faire. »

L'officier sanctionné

Revenant sur l'incident en question, le général Ayeva estime que l'officier français « a réagit sous l’emprise de la colère. Le lieutenant-colonel était de passage. Il est tombé dans une manifestation de l’opposition togolaise. Les manifestants ont brisé la lunette arrière de son véhicule. C’est ce qu’il expliquait aux gendarmes. Il a été filmé par un reporter, auquel il a demandé gentiment d’effacer l’image numérique qu’il avait (…) Il a haussé le ton, mais c’est une victime qui s’est trouvée piégée. Il faut remettre l’événement dans ce contexte. C’est un événement auquel on veut donner une ampleur qu’il n’a pas. » Les ministères français des Affaires étrangères et de la Défense avaient condamné le comportement de l'officier. Rappelé par Paris, Romuald Letondot s'est vu infliger une sanction disciplinaire de dix jours d'arrêt.

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