Afrique du Sud

En Afrique du Sud, des milliers de manifestants pour une hausse des salaires

Les travailleurs sud-africains en grève manifestent dans les rues de Johannesburg, le 26 août 2010.
Les travailleurs sud-africains en grève manifestent dans les rues de Johannesburg, le 26 août 2010. REUTERS/Siphiwe Sibeko

Des milliers de fonctionnaires sud-africains ont manifesté jeudi 26 août dans tout le pays, lors de la neuvième journée d'une grève pour de meilleurs salaires qui menace de s'étendre à d'autres secteurs. Le syndicat Cosatu, qui a contribué à porter le président Jacob Zuma au pouvoir sur un programme très social, a appelé tous les travailleurs à entamer des grèves de solidarité si les revendications n'étaient pas acceptées.

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Les manifestants sont toujours aussi mobilisés. Des milliers d’enseignants, d’infirmiers, de gardiens de prison, de greffiers, défilent ce jeudi dans le centre-ville de Johannesburg, dans une ambiance plutôt bon enfant. Ils chantent et ils dansent. Ils crient leur colère de ne pas avoir assez d’argent chaque fin de mois pour nourrir leurs enfants. Et pour eux, pas question de retourner travailler tant que le gouvernement n’accepte pas de les augmenter de 8,6%.

Un enseignant explique que « le président Zuma, quand il est arrivé au pouvoir, la première chose qu’il a dite, c’est qu’il allait augmenter les fonctionnaires, professeurs, les policiers ou les infirmières. Depuis, rien n’a changé. Là il est parti en Chine sans entendre nos revendications. Maintenant on ne lâchera rien. Les prix ne cessent d’augmenter. Avec l’inflation, c’est impossible ».

Les infirmiers, les enseignants disent qu’ils sont prêts à revenir manifester tous les jours jusqu’à Noël s’il le faut.

Au sein des forces de sécurité, il semble qu’il y ait des velléités de rejoindre le mouvement. Les militaires et certains policiers menacent de rejoindre le mouvement ce week-end. En même temps, le message des syndicats des forces de l’ordre est très clair : ne peuvent manifester normalement que ceux qui ne sont pas de service, nous ne voulons pas que ce soit le chaos. Il faut un service minimum, surtout qu’en ce moment, ce sont les militaires qui remplacent le personnel médical dans les hôpitaux. Ils nourrissent les patients et nettoient les services.

Le mouvement pourrait-il s’étendre au secteur privé ? C’est possible. La Cosatu, la grande centrale syndicale, a assuré ce matin que « si rien ne bouge d’ici la semaine prochaine, un appel à la grève sera lancé dans le secteur privé ». Il faut savoir que la Cosatu compte deux millions de membres. Alors effectivement, si le secteur privé rejoint le mouvement de protestation, tout le pays risque vraiment d’être complètement paralysé.
 

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