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Côte d'Ivoire

Présidentielle en Côte d'Ivoire: l'économie dans l'attente

Quatre millions de jeunes Ivoiriens sont au chômage.
Quatre millions de jeunes Ivoiriens sont au chômage. REUTERS/Luc Gnago
Texte par : Frédéric Garat
5 mn

Quel que puisse être le résultat de l’élection présidentielle ivoirienne et le candidat élu, tous les acteurs et observateurs économiques espèrent avant tout que les élections seront menées à leur terme, pour faciliter le retour à la confiance.

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Ces dix années de crise politique ont peu à peu sapé le moral des investisseurs et des partenaires économiques de la « locomotive » ouest-africaine qu'est la Côte d'Ivoire. Certains indicateurs socio-économiques sont inquiétants. Ainsi, le taux de pauvreté moyen des ménages a quintuplé entre 1985 et 2010. Un Ivoirien sur deux est considéré comme pauvre. Quatre millions de jeunes Ivoiriens, sur une population totale de 21 millions, sont au chômage.

Les barons de la politique connaissent leur heure de gloire mais les petits entrepreneurs ivoiriens, eux, font grise mine.

L'économie ivoirienne au ralenti

L’agriculture, si elle reste l’un des premiers vecteurs de croissance de la Côte d’Ivoire a connu un ralentissement si net que pour le cacao, par exemple (1,2 M tonnes produites), le voisin ghanéen (700 000 tonnes) se rapproche chaque année un peu plus de son concurrent direct. Le vieillissement des vergers, des années de gabegie dans la gestion de la filière (dont les dirigeants sont actuellement en prison) sont évidemment à l’origine de cette érosion de la production et des revenus générés. Et si l’activité extractive (50 000 barils/jour de pétrole, et des espoirs dans l’exploitation du manganèse, du fer ou du cuivre) offre de belles perspectives de revenus au pays, encore faudra-t-il qu’Abidjan réponde aux exigences des institutions internationales en jouant la transparence sur le montant des revenus générés et encaissés.

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L’entreprenariat privé a également fait les frais de la crise politique. Selon Jean-Louis Billon, le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie, « la Côte d’Ivoire a perdu la moitié de (ses) entreprises : elles étaient 26 000 en 2002, et on est passé en 2008 à 13 000 », déclare t-il à l’Agence France Presse.

Le mauvais état des infrastructures routières, le racket pratiqué jusque dans la capitale économique sur les marchandises ou les personnes (entre 95 et 150 milliards de FCFA de bakchich selon la Banque Mondiale en 2008), les délestages électriques qui ont frappé le pays l’an passé ont évidemment entravé la bonne marche des entreprises.

Pourtant, avec un taux de croissance prévu à plus de 4% pour 2011 et une inflation ramenée de plus de 6% en 2008 à 2,5% en 2010, certains indicateurs permettent aux pays d’espérer des lendemains plus cléments. D’autant plus que les politiques de rigueur budgétaire et de réforme menées par le gouvernement et le ministère des Finances ont permis de donner des gages aux institutions financières internationales. La Côte d’Ivoire a ainsi obtenu de la part de la Banque Mondiale et du FMI un allégement de sa dette (12 milliards de dollars pour la dette bilatérale) au titre de l’Initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE). Le point d’achèvement de ce processus est programmé pour le premier semestre 2011. Ce premier pas vers un rééchelonnement, voire un effacement total de la dette, est toutefois conditionné à des réformes abouties et – sous-jacent – à un bon déroulement du processus électoral ivoirien.

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