Maroc

Maroc : mort d’Abraham Serfaty, célèbre opposant à Hassan II

L'opposant marocain Abraham Serfaty, en chaise roulante, participe à Rabat à une manifestation en faveur de la Palestine, le 7 avril 2002.
L'opposant marocain Abraham Serfaty, en chaise roulante, participe à Rabat à une manifestation en faveur de la Palestine, le 7 avril 2002. AFP

Abraham Serfaty, ancien opposant marocain au régime du roi Hassan II, est décédé ce jeudi 18 novembre dans une clinique de Marrakech (sud du Maroc), à l'âge de 84 ans. Cet ingénieur, qui fut l'un des promoteurs de la politique minière du Maroc indépendant, blâmait aussi les partis politiques pour les lenteurs dans le processus démocratique.

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Christine Daure-Serfaty, épouse d'Abraham Serfaty.

Abraham Serfaty est issu d'une famille de la bourgeoisie juive de Tanger. Né en 1926, il adhère aux jeunesses communistes marocaines en 1944 et rejoint le PCF (Parti communiste français) à son arrivée en France en 1945 où il étudiait à l'Ecole des Mines.

A son retour au Maroc, il est militant anticolonialiste et se fait arrêter en 1950. Après l'indépendance, il travaille à l'Office chérifien des phosphates (OCP), mais il est révoqué de son poste après avoir soutenu une grève des mineurs.

En 1970, il rompt avec le parti communiste marocain et fonde Ilal Amam, un groupuscule d'extrême gauche. Deux ans après, il est arrêté et torturé. Des manifestations étudiantes obligent le pouvoir à le libérer.

On vient de perdre un grand combattant marocain pour la démocratie

Abdelhamid Amine, vice-président de l'Amdh

Abraham Serfaty passe alors plusieurs mois en clandestinité avec l'aide de celle qui sera sa femme, Christine Daure.

Arrêté en 1974, il est condamné trois ans plus tard à perpétuité pour complot contre la sûreté de l'Etat lors du grand procès de Casablanca.

Il se marie en prison grâce à l'intervention de Danielle Mitterrand qui en avait fait une condition pour accepter une invitation de Hassan II au Maroc.

En 1991, à sa sortie de prison, il est reconduit à la frontière et expulsé en France au motif qu'il est un « ressortissant brésilien ». Après huit ans d'exil, il peut enfin rentrer au Maroc, désormais sous le règne de Mohamed VI.

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