Madagascar

Madagascar : face à la mutinerie, l’armée appelle au calme

Le chef d'état-major de l'armée malgache, le général André Ndriarijaona, face à la presse le 19 novembre 2010.
Le chef d'état-major de l'armée malgache, le général André Ndriarijaona, face à la presse le 19 novembre 2010. Reuters/Siphiwe Sibeko

L'état-major de l'armée malgache a exhorté vendredi 19 novembre la population et les militaires au calme, assurant privilégier une solution négociée avec le groupe de militaires mutins qui a appelé mercredi au renversement du régime d'Andry Rajoelina. Dans la matinée, le gouvernement avait d'abord demandé aux civils vivant dans et autour de la caserne où sont basés les dissidents, à environ 15 km en périphérie d'Antananarivo, d'évacuer les lieux vers «un endroit plus sûr», laissant croire à l'imminence d'une intervention armée.

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Tout d’abord il faut préciser qu’on ne sait pas exactement combien il y a d’officiers mutins qui sont encore retranchés dans le camp. On sait qu’ils sont au moins cinq. On ne sait pas exactement leur nombre aujourd’hui.

Ce sont les familles qui habitent sur la base, qui ont été chargées d’évacuer ce matin. Au contraire, devant le camp une petite foule s’était rassemblée. Elle a été dispersée depuis, par un très violent orage qui s’est déclenché à la mi-journée. Et puis avant cela, ce sont les gendarmes qui sont venus, pour repousser les badauds plus loin.

Il y a eu au moins une grenade lacrymogène qui a été apparemment tirée. Et c’est vrai qu’il y a eu du mouvement toute la matinée autour du camp. Les familles qui logent dans ce camp ont donc été évacuées. La présence militaire a été renforcée et les soldats filtraient les voitures ce matin, sur la route de l’aéroport. L’aéroport est juste à côté, à 300 mètres environ. Et même si certains vols ont été annulés, il n’y a pas eu de décision prise de suspendre le trafic aérien.

Sur la base aérienne, tout semblait calme vers midi, alors que plus tôt dans la journée, il y a eu beaucoup de va-et-vient. Le chef d’état-major est resté deux heures au camp avant de repartir. On ne sait pas si l’assaut est imminent, mais en attendant on négocie.

Un assaut est toujours possible si les négociations qui ont lieu, apparemment, n’aboutissent pas. C’est vrai que cette situation dure depuis trois jours maintenant. C’est quand même relativement long.

C’est vrai que l’armée malgache, en plus, est divisée. Parmi les mutins, on retrouve rassemblés des hommes qui s’étaient affrontés hier et qui sont les frères d’armes d’officiers qui eux, ne sont pas sortis du rang.

Alors, s’il y avait une issue dramatique à cette mutinerie, cela pourrait provoquer une nouvelle crise. D’ailleurs certaines unités de l’armée m’ont affirmé tout à l’heure, que s’il y avait assaut elles s’interposeraient.
 

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