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Première journée d’audience pour Jean-Pierre Bemba devant la CPI

Jean-Pierre Bemba entouré de ses défenseurs lors de l’ouverture de son procès à La Haye (Pays-Bas) le 22 novembre 2010.
Jean-Pierre Bemba entouré de ses défenseurs lors de l’ouverture de son procès à La Haye (Pays-Bas) le 22 novembre 2010. REUTERS/Michael Kooren
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Le procès de Jean-Pierre Bemba s'est ouvert comme prévu ce lundi 22 novembre 2010 devant la Cour Pénale Internationale (CPI) de La Haye. L'ancien chef rebelle et vice-président de la République Démocratique du Congo est accusé de crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Jean-Pierre Bemba, âgé de 47 ans, est selon l'accusation responsable de meurtres, viols et pillages commis par les hommes de sa milice, le MLC (Mouvement de libération du Congo), envoyés en Centrafrique en 2002 pour appuyer le régime de l'ex-président Ange-Félix Patassé. Compte rendu de cette première journée d’audience.

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Avec notre envoyée spéciale à La Haye, Ghislaine Dupont

A la lecture de l’acte d’accusation, Jean-Pierre Bemba reste impassible. Installé derrière son équipe de défenseurs et de conseillers, il a choisi de garder le silence. C’est l’avocat Maître Nkwebe qui annonce que Mr Bemba plaide non coupable pour les crimes de meurtres, viols et pillages.

Pour l’accusation Bemba est plus responsable que ces hommes

Déception à Kinshasa après la diffusion retardée du procès de Le l'ex chef du MLC.

La présidente de la cour le remercie et passe alors la parole à l’accusation. Le procureur Luis Moreno-Ocampo se lève, visage concentré, il déroule d’entrée de jeu les faits : les femmes violées de façon systématique, les hommes aussi pour détruire leur capacité d’agir, pour les anéantir.

Des témoins, annonce le procureur, viendront raconter comment Jean-Pierre Bemba donnait les ordres, communiquait constamment avec ses commandants sur le terrain en Centrafrique.

L’accusation estime qu’en tant que supérieur hiérarchique, l’ex-chef rebelle et vice-président congolais est plus responsable que ses hommes. « Un commandant, lance Luis Moreno-Ocampo, est cent fois plus dangereux qu’un violeur individuel ».

L’accusation affirme qu’elle va démontrer que Jean-Pierre Bemba disposait du pouvoir de prévenir des campagnes de viols et de meurtres de masse, qu’il disposait aussi du pouvoir de punir les auteurs de ces crimes et qu’il ne l’a pas fait.

L’enjeu pour l’accusation, et plus largement pour la CPI, est de taille. C’est le premier procès qui traite de la responsabilité d’un supérieur hiérarchique dans des crimes qu’il n’a pas commis directement et personnellement.

La défense met en cause les responsables centrafricains

Pendant 90 minutes, la défense va s’employer à attaquer l’enquête du procureur qualifiée de partiale et de bâclée. Elle affirme que l’accusation a ignoré les responsables centrafricains alors qu’elle a reconnu que le gouvernement de Bangui avait le soutien de troupes et groupes armées qui agissaient sous un commandement unique.

« Ne serait-il pas normal madame la présidente, questionne Maître Nkwebe, que le commandant centrafricain entendu par le procureur et identifié par la défense se présente devant vous, au moins comme témoin ? »

La défense porte ensuite le fer sur le terrain politico-diplomatique. L’arrestation de Jean-Pierre Bemba a mis hors jeu le principal opposant au régime de Kinshasa. Sourire en coin l’avocat prend un ton sentencieux pour demander si l’accusation sans le vouloir peut-être, sans être consciente, n’a pas été l’instrument d’hommes politiques véreux qui utilisent la cour pour éliminer leurs adversaires.

La tonalité des déclarations préliminaire de cette première journée a donné un avant goût des débats. Le procès de Jean-Pierre Bemba va durer plusieurs mois.

Bernadette Gambo, trésorière générale de l'Organisation des femmes centrafricaines, plate-forme des ONG et associations féminines en Centrafrique.

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