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CPI / RDC / Jean-Pierre Bemba

Procès de Jean-Pierre Bemba : un témoin raconte les crimes des «banyamulenge»

Jean-Pierre Bemba au premier jour de son procès à la Cour pénale internationale à La Haye, le 22 novembre 2010.
Jean-Pierre Bemba au premier jour de son procès à la Cour pénale internationale à La Haye, le 22 novembre 2010. REUTERS/Michael Kooren
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Ils avaient des bottes en caoutchouc et portaient un béret noir, violet ou rouge : le premier témoin au procès de Jean-Pierre Bemba a raconté mardi devant la Cour pénale internationale (CPI) l'arrivée au PK12, en Centrafrique, des « banyamulenge », la milice de l'ancien vice-président de la République démocratique du Congo en 2002.

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Soulagement à Bangui (RCA)après l'ouverture du procès de Jean Pierre BEMBA.

Le témoin est invisible pour le public, installé derrière la vitre qui le sépare de la salle d’audience. Sur les écrans de télévision, l’image de ce témoin, référencé sous le numéro 38, est totalement floutée et sa voix est transformée.

En ouvrant la séance, la présidence des juges met en garde les différentes parties pour que leurs questions ne puissent pas révéler son identité. Mais le témoin va lui-même oublier. Il lâchera dans une réponse, lors de l’interrogatoire de l’après-midi, qu’il est un notable habitant du PK12 de Bangui.

Toute l’après-midi, l’accusation a interrogé ce témoin sur l’arrivée des rebelles du MLC (Mouvement de libération du Congo) dans cette zone du PK12, où ils avaient installé leur QG entre octobre 2002 et mars 2003.

Piller et saccager les maisons, bastonner les gens et semer la terreur

Fatou Bensouda, l’adjoint du procureur pose des questions précises : « Comment saviez-vous que c’étaient des rebelles de Jean-Pierre Bemba ? ». « Nous connaissons l’uniforme de notre armée centrafricaine, la couleur des bérets, les rebelles portaient des bottes en caoutchouc, ils n’avaient pas la morphologie des centrafricains. Ils parlaient lingala, la langue du Congo, du Zaïre comme on dit encore chez nous à Bangui ».

Le témoin raconte comment les rebelles de Bemba surnommés des « banyamulenge », se sont installés au PK12, un carrefour très important. Il explique comment, dès le lendemain de leur arrivée, ils ont commencé à piller, à saccager les maisons, bastonner les gens et semer la terreur dans la population qui a rapidement fuit.

Jean-Pierre Bemba est apparu moins impassible

Le témoin est un des rares résidents à être resté, avec une poignée de jeunes et quelques plus âgés.

- « Avaient-ils beaucoup d’armes ? », questionne encore la procureur adjointe.

- « Oui des armes de guerre neuves »

- « Savez-vous d’où venait ces armes ? »

- « Je crois que les rebelles de Bemba les recevaient du gouvernement centrafricain »

Dans les rangs de la défense on esquisse des sourires...

Ce mardi 23 novembre 2010, Jean-Pierre Bemba est apparu moins impassible, plus concentré qu'au premier jour de son procès, petites lunettes rectangulaires, casque sur les oreilles, pour ne rien perdre de la traduction.

L’ex-chef rebelle et ancien vice-président congolais prend même quelques notes et échange beaucoup avec ses avocats. Des signes qui montrent que Jean-Pierre Bemba vient de rentrer probablement dans son procès.

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