Festival mondial des arts nègres 2010

L’Afrique culturelle parle au reste du monde

"Q'EU ISSE - SeráQuê ?" de la "Companhia de Dança" du Brésil
"Q'EU ISSE - SeráQuê ?" de la "Companhia de Dança" du Brésil Guto Muniz

« Qu’est-ce que l’Afrique veut dire au reste du monde ? ». C'est le thème du 3e Festival mondial des arts nègres (Fesman) qui débute ce 10 décembre 2010 à Dakar et à Saint-Louis du Sénégal. RFI a posé la même question à trois personnalités spécialisées dans l'art africain. Entretien croisé.

Publicité

Abdoulaye Racine Senghor, directeur des Arts du Sénégal

La première édition du Festival mondial des arts nègres (Fesman) a été initiée par le président sénégalais Léopold Sédar Senghor en 1966. Le deuxième festival a eu lieu en 1977 à Lagos au Nigeria. Le troisième numéro, cette année, se déroule donc à Dakar et à Saint-Louis du Sénégal. « Qu’est-ce que l’Afrique veut dire au reste du monde ? » est le thème retenu pour l'édition 2010. Pour répondre à cette question, RFI a sollicité un artiste ivoirien, Ernest Dükü ; Abdoulaye Racine Senghor, directeur des Arts du Sénégal et André Magnin directeur artistique de la Contemporary African Art Collection (CAAC) installée à Genève. Entretien croisé.

RFI : A travers ce festival, que l’Afrique a-t-elle à dire au reste du monde ?

Abdoulaye Racine Senghor : L’Afrique a souvent parlé au monde dans le domaine des arts. Des artistes comme Picasso ont été fortement influencé par l’art africain. Aujourd’hui, l’Afrique se trouve sur la voie d’une émergence, après 50 ans d’indépendance. Les artistes ont un rôle à jouer dans le message que l’Afrique va porter au monde qui est en particulier celui de la renaissance, de permettre à l’Afrique de jouer un rôle majeur dans la conduite des affaires du monde.

RFI : Vous vous sentez comme l’un des promoteurs de la renaissance africaine ?

Ernest Dükü : Je pense qu’il y a une nécessité pour les artistes africains aujourd’hui de parler de l’Afrique au regard de ce qu’elle veut se donner comme pensée et comment elle pense le monde. Comment elle pense le monde après toute cette période de décolonisation. Et les artistes africains ont aujourd’hui un rôle essentiel à jouer. Penser que l’histoire du monde ne se fait pas simplement au regard des performances économiques, mais que le développement pourrait aussi se signaler par la présence des artistes au niveau de la culture.

André Magnin : « L’Afrique » est une simplification sommaire et très commode pour un vaste continent d’une diversité et d’une richesse insoupçonnée. Il y a beaucoup d’Afriques. S’il y a chez des artistes un indice d’Africanité, il y a une interconnexion avec le monde qui s’empare d’une réalité locale et internationale. Les artistes africains conçoivent des œuvres qui sont porteuses de messages, notamment des messages avec beaucoup d’utopies et d’illusions que nous n’avons peut-être plus en Europe.

RFI : Vous partagez ce diagnostic sur la différence entre les artistes africains dans leur diversité et les artistes européens par exemple ?

Abdoulaye Racine Senghor : Oui, j’en suis convaincu, pas seulement concernant des artistes africains, mais d’une manière générale les artistes dans les pays où ils se trouvent traduisent cette diversité qui est une réalité. L’Afrique est une en tant que continent, mais elle est diverse par la multitude des cultures et également par les formes d’expressions de cette diversité-là. C’est cela qui est enrichissant. Quand on parle du Festival mondial des arts nègres, il s’agit justement de montrer cette pluralité.

Ecouter l’émission intégrale du « Débat du jour » du 9 décembre sur RFI avec Ernest Dükü, artiste plasticien ivoirien, Abdoulaye Racine Senghor, directeur des Arts du Sénégal et André Magnin, directeur artistique de la Contemporary African Art Collection

www.festivalartsnegres.com
www.blackworldfestival.com

 

NOTRE DOSSIER SPECIAL Festival Mondial des Arts Nègres
2010 World Festival of Black Arts and Cultures

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail