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Côte d'Ivoire

En Côte d'Ivoire, Gbagbo et Ouattara organisent chacun leur administration

Alassane Ouattara (g) et Laurent Gbagbo (d).
Alassane Ouattara (g) et Laurent Gbagbo (d). Montage RFI / Pierre Moussart
Texte par : RFI Suivre
7 mn

En Côte d'Ivoire, au lendemain de sa formation, le gouvernement de Laurent Gbagbo et son Premier ministre Gilbert-Marie Aké N’gbo s’est installé mercredi 8 décembre 2010.  En face, dans le camp Ouattara, Guillaume Soro, Premier ministre d'Alassane Ouattara, espère au plus vite commencer à prendre le contrôle des régies financières, Trésor, douanes ou impôts.

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Dans la journée, la vie reprend à Abidjan, comme si de rien n’était

Notre dossier spécial : les défis de Ouattara

Sans se soucier, en apparence, du désaveu au-delà des frontières, Laurent Gbagbo avance. Le gouvernement de son Premier ministre Aké N’gbo a pris ses quartiers hier dans les ministères. Les passations de pouvoirs ? Simples formalités. Au ministère de l’Economie et des Finances, le passage de témoin s’est fait, non pas entre ministres, car l’ancien titulaire du poste Charles Diby Koffi est toujours aux abonnés absents, mais entre son ancien directeur de cabinet et le nouveau ministre Désiré Dallo.

Des ministres au travail

A la télévision, les nouveaux ministres choisis par Laurent Gbagbo parlent concret, évoquent leurs projets, leurs programmes. De la situation politique ? Aucun ne pipe mot. Tous se retroussent les manches pour se mettre au travail. Pendant ce temps, Laurent Gbagbo reçoit, en son palais. Venues des régions, les populations vont se succéder jusqu’à la veille de Noël, la tradition après une élection.
Dans la journée, la vie reprend ses droits. Couvre-feu oblige, seule la nuit vient rappeler qu’Abidjan a le trac. Portes closes, chez eux, l’oreille tendue à la moindre rumeur, les Ivoiriens attendent.

De son côté, le camp Ouattara veut au plus vite se donner des moyens d'action

Alassane Ouattara a choisi comme symbole le bélier en hommage à Félix Houphouët-Boigny mais en l’état actuel il semble avoir opté pour la stratégie du boa. Plutôt que de foncer tête baissée sur son adversaire, le vainqueur de la présidentielle selon la CEI et les Nations unies, met en œuvre une technique d’étouffement progressif de son rival.

Alassane Ouattara mobilise ses réseaux

Selon un de ses très proches, dès 8 heures du matin, Alassane Ouattara se met au travail, réunit son cabinet et s’emploie à mobiliser tous ses réseaux à l’international. Le 5 décembre, il a ainsi écrit à la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest pour qu’elle ne reconnaisse que la signature de son ministre des Finances. Deux jours plus tard, ce sont les Nations unies et diverses chancelleries occidentales qui ont reçu leur courrier réclamant que les ambassadeurs ou les ministres au service de Laurent Gbagbo soient considérés comme illégitimes.

Toujours pour circonscrire les actions du camp adverse, Guillaume Soro a été mis à contribution pour faire tomber l’administration du côté d’Alassane Ouattara. C’est déjà le cas pour les préfets des zones sous contrôle des Forces Nouvelles mais les nominations parallèles effectuées dans les grandes entreprises publiques comme la RTI ou dans les secteurs clés de la douane ou de la filière café-cacao risquent d’être plus difficiles à mettre en oeuvre. Laurent Gbagbo n’entend pas se plier à cette politique du fait établi et il a pris ses dispositions pour sécuriser ses hauts fonctionnaires.

Face au blocage politique, les entrepreneurs commencent à montrer des signes d'inquiétude

La Confédération générale des entreprises de Côte d'Ivoire (CGE-CI) a publié sur son site internet un communiqué à l'adresse des acteurs politiques ivoiriens. Dans ce communiqué le patronat ivoirien explique que le secteur privé n'a pas les moyens de se payer une nouvelle crise politique.

«Le secteur privé ivoirien a payé et continue de payer un lourd tribut aux crises successives qui secouent la Côte d'Ivoire». C'est en ces termes que débute le communiqué de la CGE-CI. Cette structure fédérant le patronat ivoirien revendique 1 500 adhérents dans des secteurs aussi divers que le bâtiment, les services ou les télécommunications. Selon la CGE-CI, la perturbation des horaires de travail du fait du couvre-feu, l'augmentation des primes d'assurances, l'accroissement du risque pays en raison de la dégradation politique et ses conséquences sur les investissements pénalisent fortement la vie des affaires.

Si la situation politique actuelle perdure au delà du 15 décembre ajoute l’organisation patronale ivoirienne, la situation économique et financière du pays pourrait s'aggraver. Car à cette date le paiement des impôts ne pourra plus être assuré par certaines entreprises.

De ce fait, les patrons ivoiriens invitent les acteurs politiques à trouver sans tarder une solution à la crise. Faute de quoi - sur la base des sanctions annoncées par les organisations internationales et les bailleurs de fonds - la Côte d'Ivoire court inéluctablement à la catastrophe affirme la CGE-CI.

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