BURKINA FASO / Justice

Assassinat du journaliste burkinabè Norbert Zongo : RSF demande la réouverture du procès

Un portrait de Norbert Zongo, photo non datée.
Un portrait de Norbert Zongo, photo non datée. Montage RFI

Douze ans, jour pour jour après l'assassinat du journaliste Norbert Zongo, Reporters sans frontières a demandé le 13 décembre 2010 aux autorités burkinabè de relancer l'enquête sur la mort du directeur de l’hebdomadaire L’Indépendant. Le journaliste avait été retrouvé, carbonisé à bord d'un véhicule avec trois autres personnes qui l’accompagnaient. Au moment de son assassinat, il enquêtait sur la mort suspecte de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, frère du chef de l’Etat.

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Le 13 décembre 1998, le journaliste burkinabé Norbert Zongo était découvert mort, calciné, à bord d’un véhicule ainsi que les trois personnes qui l’accompagnaient. Leur véhicule se trouvait à une centaine de kilomètres au sud de Ouagadougou. Ce décès  provoque un grand émoi dans l'opinion publique et suscite des interrogations.

La mort suspecte du journaliste a fait l'objet d'un procès qui s’est conclu par un non-lieu, le 19 juillet 2006. Pour le secrétaire de Reporters sans frontières, Jean-François Julliard, le président Blaise Compaoré en tête, n'a pas voulu que la lumière soit faite car le journaliste menait un travail d'investigation, impliquant le frère du président.

Douze après, le 13 décembre 2010, Reporters sans frontières demande la réouverture du dossier, et que les assassins de Norbert Zongo soient jugés :

« Quand on veut, on peut »

« On a le sentiment que l’impunité n’est pas inéluctable. Certes, dans l’affaire Zongo on est mal parti car douze ans après on a le sentiment que cette affaire ne sera jamais jugée. En revanche, on a voulu aussi attirer l’attention des autorités du Burkina sur le fait que quand on veut, on peut. »

« C’est ce qui s’est passé au Mozambique avec l’affaire du journaliste Carlos Cardoso assassiné en 2000, rappelle Jean-François Julliard. Dans ce cas là, les assassins, les commanditaires ont été jugés et sanctionnés à une lourde peine de prison ».

« Au Burkina on est là car les autorités politiques, à commencer par Blaise Compaoré, le chef de l’Etat, n’a jamais voulu faire la lumière sur cette affaire qui implique de hauts responsables au sein du pouvoir. Norbert Zongo enquêtait sur une autre affaire qui impliquait le frère du président de la République, François Compaoré. Et, on sait très bien que les assassins de Norbert Zongo sont à chercher du côté de la garde présidentielle. »

« C’est pourquoi, on ne cesse de demande la réouverture du dossier parce que l’affaire a été close par la justice du Burkina, il ya au moins deux ans. Un juge d’instruction a été nommé et il n’a jamais rien fait. Aujourd’hui, nous demandons une vraie enquête même douze ans après, et qu’on essaie de voir ce qui s’est réellement passé et qu’on traduise en justice les assassins de Norbert Zongo. »

RSF dénonce également l'impunité qui règne en République démocratique du Congo où les cas de Franck Ngyke et de Bapuwa Mwamba, tués à Kinshasa en 2005 et 2006, ou encore celui de Patrick Kikuku, tué à Goma (Nord-Kivu) en 2007, n'ont jamais été résolus, selon l'organisation.

 

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