Algérie / Crise sociale

En Algérie, alors que la protestation s'étend, le gouvernement va se réunir en comité interministériel

Un policier anti-émeute fait usage de gaz lacrymogènes en direction des manifestants, dans le quartier Belcourt à Alger, le 7 janvier 2011.
Un policier anti-émeute fait usage de gaz lacrymogènes en direction des manifestants, dans le quartier Belcourt à Alger, le 7 janvier 2011. Farouk Batiche / Reuters

La crise sociale entre dans sa quatrième journée en Algérie sans qu’il y ait de signe d’accalmie. Les émeutes se sont étendues à une quinzaine de départements, les wilayas. La presse fait état de deux morts et de plusieurs dizaines de blessés.

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A Bou Smaïl, à 50 km à l'ouest d'Alger, un homme de 32 ans a été tué vendredi 7 janvier 2011 par un tir de grenade lacrymogène reçu en pleine figure selon une source médicale. A l'intérieur du pays, à M'Sila selon le quotidien El Khabar, un jeune manifestant âgé de 18 ans est mort, tué par balles, lors d'affrontements avec la police. Il y a aussi plusieurs dizaines de blessés dont des policiers. Cependant, aucun des deux décès n'a encore été confirmé par les autorités algériennes. 

C’est un régime politique qui ne s’occupe pas réellement du sort de son peuple.

Me Mustapha Bouchachi, secrétaire général de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme

La protestation violente contre la hausse de certaines denrées alimentaires s’est étendue à une quinzaine de wilayas sur les 48 que compte le pays, dont Tizi Ouzou, Tebessa, Laghouat, Sétif, Mostaganem, Blida et Bouira. Dans la capitale et sa périphérie, la nuit dernière a été marquée par de nouveaux heurts entre policiers et émeutiers notamment à Belcourt, Mohammadia, Zéralda et Bou-Ismail. Pour l’ensemble des foyers d’émeutes, on signale quelques centaines d’arrestations notamment parmi les casseurs et les voleurs. De nombreux édifices publics et commerces privés ont été saccagés ou pillés par des groupes de jeunes émeutiers. Plusieurs caméras de surveillance installées ces derniers mois dans plusieurs artères de la capitale ont été détruites.

Pour essayer d’atténuer la tension, un groupe de producteurs d’huile a décidé de geler ses prix jusqu’à nouvel ordre.

Du côté du gouvernement, le dossier de la hausse des prix est l’objet ce samedi d’un conseil interministériel. On ne sait pas si cela contribuera à calmer les esprits. 

Après trois jours d’affrontements avec la police, les émeutiers sont toujours aussi déterminés. Ils demandent des mesures urgentes contre la hausse des prix de ces derniers jours mais aussi des mesures plus durables… Le ministre du Commerce accuse les grossistes… Un conseil interministériel exceptionnel doit se tenir ce samedi et le gouvernement tentera de trouver des mesures qui permettront de faire baisser les prix et de mettre fin aux violences.

Le gouvernement va se réunir en conseil interministériel

 

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