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République centrafricaine

Centrafrique/Présidentielle:des candidats de l'opposition réclament l'annulation du scrutin

Martin Ziguélé (G) Emile Nakombo (C) et Jean Jacques Demafouth (D), trois candidats de l'opposition à la présidentielle centrafricaine
Martin Ziguélé (G) Emile Nakombo (C) et Jean Jacques Demafouth (D), trois candidats de l'opposition à la présidentielle centrafricaine G. Ngosso : Montage/ RFI
Texte par : RFI Suivre
5 mn

La tension monte en République centrafricaine trois jours après le premier tour de la présidentielle. Trois des cinq candidats à l’élection du dimanche 23 janvier 2011 menacent de saisir la Cour constitutionnelle d’un recours en annulation du scrutin. Lors d’une conférence de presse, les candidats Jean-Jacques Demafouth, Emile Nakombo et Martin Ziguélé ont déclaré avoir recensé de très nombreuses irrégularités et accusent le président sortant, François Bozizé, de s’être livré à un hold-up électoral. Le parti au pouvoir a immédiatement condamné ces propos. De son côté, l’OIF a fait état de nombreux dysfonctionnement qui ont émaillé ce scrutin.

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Les trois candidats ont distribué à la presse un document de quatre pages comprenant une liste circonstanciée de toutes les irrégularités recensées le jour du scrutin. Exaspérés, les trois candidats, qui sont alliés au sein d’une coalition, vont saisir la Cour constitutionnelle et menacent de prendre la rue s’ils sont déboutés, comme le confirme Nicolas Tiangaye. Il est le porte- parole du collectif des forces du changement :

« Nous avons des preuves que les élections se sont déroulées dans des conditions qui ne sont pas acceptables…fraude massive… On vous a présenté des preuves. Il est évident que la population a aussi son mot à dire. Cela veut dire qu’on appellera la population pour l’informer de la situation à travers des meetings, des sit-in, ou bien des marches de protestation ».

Un véritable dialogue de sourds dans le pays

Le parti au pouvoir a répliqué dans la foulée. Lors d’une conférence de presse dans l'aprés-midi du 25 janvier, Elie Oueifio le secrétaire général du Parti KNK (Kwa na kwa - le travail, rien que le travail en langue songo), a vivement recommandé à l’opposition de s’en tenir aux organes compétents pour statuer sur le contentieux des opérations électorales. « Ce sont des déclarations assez dangereuses. Si aujourd’hui, des leaders de partis politiques disent qu’ils vont aller au-delà des lois, ça veut dire qu’ils sont hors la loi… Il n’y a que la loi qui doit s’occuper de ce genre de citoyens. Je ne comprends pas leur logique ».

Pouvoir et opposition s’accusent donc mutuellement d’œuvrer pour l’instabilité. Le dernier épisode de violences post-électorales remonte à 1992 en Centrafrique, mais on assiste actuellement à un véritable dialogue de sourds dans le pays. Le scrutin groupé de Dimanche 23 janvier 2011 était censé être l’aboutissement d’un dialogue entamé en 2008. De ce point de vue les élections sont un échec. L’organisation internationale de la francophonie a livré une liste fournie d’irrégularités dans le communiqué de sa mission d’observation du 25 janvier.  Pierre Buyoya chef de la mission d’observation de l’OIF en Centrafrique, et ancien président burundais, énumère ces dysfonctionnements :

La mission a ainsi noté que la confection et l’affichage des listes électorales, l’établissement ainsi que la délivrance des cartes d électeurs, ont constitué la source majeure des dysfonctionnements techniques relevés. Les insuffisances et irrégularités suivantes ont été constatées : la maîtrise insuffisante des règles et procédures par les membres des bureaux de vote, la présence des représentants de l’administration dans certains bureaux de vote, le nombre élevé de votes par dérogation

Pierre Buyoya :« Des difficultés et dysfonctionnements de tous ordre »

L'OIF invité les candidats à recourir aux voies légales en cas de contestation des résultats. La Commission électorale devrait publier les résultats provisoires au plus tard samedi 28 janvier. Les candidats qui le souhaitent ne peuvent formuler un recours en annulation qu’après la validation des résultats par la Cour constitutionnelle.

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