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Sénégal / Tchad

Le président Wade refuse qu'Hissène Habré soit jugé au Sénégal et se dit «dessaisi» du dossier

Le président sénégalais Abdoulaye Wade, le 7 février 2011.
Le président sénégalais Abdoulaye Wade, le 7 février 2011. AFP/Seyllou
Texte par : RFI Suivre
7 mn

Ce mardi matin 8 février, le président sénégalais Abdoulaye Wade s'est estimé « dessaisi » du procès de l’ancien président tchadien, Hissène Habré exilé au Sénégal depuis 1990. Dans un entretien au quotidien français La Croix le président Wade refuse, que l'ex-dictateur tchadien soit jugé par une juridiction spéciale au Sénégal comme le propose l'Union africaine. Hissène Habré, l'ancien président tchadien est inculpé pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et torture.

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« La cour de justice de la Cédéao, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest, a déclaré que le Sénégal, en l'état actuel, n'avait pas le droit de juger Hissène Habré. Maintenant, le président de la Commission de l'Union africaine dit qu'il faut créer une juridiction spéciale pour le juger au Sénégal. J'ai dit stop. Je suis dessaisi », a déclaré Abdoulaye Wade, le chef de l'Etat sénégalais.

On est dans de la pure hypocrisie. Le Sénégal a tout fait pour ne pas juger Hissène Habré pendant dix ans.

Alioune Tine

Agacement ou fuite en avant ? C'est à se demander si l'ancien chef d'Etat tchadien sera jugé un jour car ce n'est pas la première fois que le président Abdoulaye Wade se dérobe ainsi.

L’Afrique ne veut pas du tout juger ses criminels.

Maître Jacqueline Moudeina

Inculpé une première fois en 2000 au Sénégal où il est réfugié, Hissène Habré n'avait pu être jugé car la justice sénégalaise s'était déclarée « incompétente ». Ses victimes s'étaient alors tournées vers la Belgique. Refus catégorique du président Wade de l'extrader vers ce pays.

En 2006, c'est l'Union africaine qui demande alors au Sénégal de le juger « au nom de l'Afrique », ce que le président sénégalais accepte, exigeant au passage le versement intégral des 5 milliards 600 millions nécessaires à l'organisation du procès. Mais jusqu'à ce jour, aucune information judiciaire n'a encore été ouverte.

Quelle alternative donc pour les défenseurs des 40 000 victimes de Hissène Habré ? Un forcing pour une extradition vers la Belgique ?

C’est une profonde déception.

Clément Abaifouta

Le président Wade reste intraitable : « Je ne le remettrai pas à la Belgique. C'est à l'Union africaine de prendre ses responsabilités ».

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