Cameroun

Cameroun: échec d'une manifestation de l'opposition contre Paul Biya à Douala

L'opposant John Fru Ndi, leader du Social Democratic Front.
L'opposant John Fru Ndi, leader du Social Democratic Front. AFP/Issouf Sanogo

Les manifestations du Maghreb inspirent certains politiciens au Cameroun. Une dizaine d'entre-eux ont appelé, mercredi 23 février, à manifester contre le régime Biya à Douala, la capitale économique. L'appel a été très peu suivi, ce qui n'a pas empêché des violences exercées sur les leaders. Le Social Democratic Front, principale formation d'opposition, voulait mobiliser les habitants de Douala, capitale économique du Cameroun, avec d'autres formations et associations. Le SDF commemorait les « martyrs » des émeutes de 2008, qui avaient fait entre 40 et 139 morts selon les sources. Plusieurs candidats déclarés à la présidentielle qui doit se tenir cette année, mettent en cause la transparence du futur scrutin et appellent au soulèvement et au renversement du chef de l'Etat.

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Ils rêvaient d’un scénario tel que celui qui a fait tomber Ben Ali de Tunisie ou Hosni Moubarak en Egypte. Mais les leaders de l’opposition camerounaise qui ont appelé à manifester contre le régime de Paul Biya dans les rues de Douala sont tombés de haut. Au lieu indiqué de la manifestation, ils se sont retrouvés tous seuls, face à des policiers et gendarmes nerveux à l’extrême.

A l'heure de l’évaluation, Pierre Abama Kpama, président du Manidem, un petit parti d’opposition, estime que l’essentiel était ailleurs : « l’important c’était quand même de montrer notre détermination et des populations qui à un moment ou à un autre ont douté de la capacité des leaders politiques d’affronter les forces de l’ordre peuvent à nouveau compter sur nous, va permettre que les populations nous fasse de plus en plus confiance et d’aller vers une victoire dont nous de doutons pas.»

Les responsables du RDPC au pouvoir, soulagés par la faiblesse de la mobilisation anti-Biya, ont aussi tôt fait de dire leur satisfaction. « Je ne pense pas que le Cameroun soit le Maghreb. Le Cameroun c’est bien le Cameroun et je crois que la situation est totalement différente, ironise Owona Kono député du parti dirigeant. Il faut aussi qu’on soit respectueux de l’ordre républicain ».

Malgré tout l’opposition pronostique que rien n’est joué. Et les même annoncent pour les jours à venir d’autres manifestations.

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