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Libye

En Libye, les insurgés tiennent toujours la ville pétrolière de Brega

Des insurgés avec un lance-roquettes à un point de contrôle à Brega, le 3 mars 2011.
Des insurgés avec un lance-roquettes à un point de contrôle à Brega, le 3 mars 2011. Reuters / Goran Tomasevic
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Au 17e jour de l'insurrection en Libye, les insurgés ont tenté ce jeudi 3 mars 2011 de regagner du terrain après la contre-offensive menée mercredi dans l'Est du pays par les forces fidèles au colonel Kadhafi. La ville de Brega, objet de cette contre-offensive, veut résister.

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Des opposants ont annoncé avoir fait au moins une centaine de prisonniers parmi les soutiens du « Guide ». Ce jeudi encore, la ville de Brega a été visée par une frappe aérienne de l'armée libyenne. Un important site pétrolier se situe à Brega, qui est aussi l'un des verrous contrôlant l'accès à Benghazi, devenu le fief de l'opposition dans l'Est.

Selon l’envoyé spécial de RFI, Brega résiste mais elle est également l’objet d’offensives. Trois bombes y ont échoué ce jeudi vers 9 heures du matin sur une dune à quelques pas du grillage du terminal pétrolier, creusant de gros cratères.

Ces bombes n’ont fait ni mort ni blessé. Mais c’était suffisant pour alimenter la nervosité au sein des forces révolutionnaires, parfois peu disciplinées et sans doute secouées par les affrontements meurtriers de mercredi qui ont fait 12 morts, selon des sources médicales. Les blessés qui ont été acheminés vers l’hôpital d’Ajdabiya ont été atteints par des balles de gros calibre, selon un chirurgien.

Les combats se sont déroulés sur le site d’hydrocarbures, à l’aérodrome. La route qui mène à l’université, elle aussi théâtre de combats, a été endommagée par les éclats. Les murs de l’entrée de l’université sont aussi criblés de balles.

Les blessés qui ont été acheminés vers l’hôpital d’Ajdabiya ont été atteints par des balles de gros calibre, selon un chirurgien.
Les blessés qui ont été acheminés vers l’hôpital d’Ajdabiya ont été atteints par des balles de gros calibre, selon un chirurgien. RFI / O.Pelletant

Les jeunes révolutionnaires ont dit à RFI qu’ils avaient été « en première ligne » des combats de mercredi. Sitôt informés des agressions de forces pro-Kadhafi, qui ont mené l’offensive au volant de 70 « Land Cruiser », les insurgés sont montés dans des camionnettes et ont roulé en trombe pour repousser puis encercler les hommes de Kadhafi. L’armée régulière, qui est aux côtés des insurgés, tient encore Brega ce jeudi soir.

« Prêts à mourir en martyrs » pour renverser Kadhafi

Toujours au sujet des forces insurgées, notre envoyé spécial à Benghazi a pu voir, sur la route du retour, trois pièces antiaériennes (DCA) sur la remorque d’un camion qui se rendait vers Brega. Il y a avait une cinquantaine de voitures garées sur les bas-côtés à proximité de l’avant-dernier « check-point » qui était peu animé ce jeudi matin. Les insurgés ont mis en place un nouveau point de contrôle, le dernier avant la ligne de front qui est à un jet de pierre d’une autre entrée du site pétrolier. Et à quelques centaines de mètres des réservoirs de pétrole les « check-points » sont mieux lotis en armes. On a vu des lance-roquettes, des 22 long rifles et des caisses de munitions pour armes à gros calibre. Ce barrage est gardé par de nombreux jeunes qui disent tous être « prêts à mourir en martyrs » pour renverser Kadhafi à Tripoli.

Nous demandons très clairement le départ du colonel Kadhafi.

Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères

Une intervention militaire étrangère en Libye n'est toujours pas à l'ordre du jour. L'instauration d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye continue, elle, d'être discutée, débattue au sein de l'Otan. Ce jeudi, le porte-parole du ministère américain de la Défense a affirmé que même s'il restait prudent, le Pentagone n'était pas opposé à l'interdiction de survol du territoire libyen, même si cela était très compliqué à mettre en place.

Alors, en attendant, la justice internationale, passe, elle, à l'offensive. Le procureur de la Cour pénale internationale Luis Moreno-Ocampo a annoncé, ce jeudi, l'ouverture d'une enquête pour crimes contre l'humanité en Libye, visant le colonel Mouammar Kadhafi, ses fils et plusieurs hauts responsables du régime.

Par ailleurs, le gouvernement libyen s’est dit favorable à la médiation internationale proposée par le président vénézuélien Hugo Chavez pour trouver une solution pacifique à la crise. Cette proposition est en train d’être étudiée par la Ligue arabe. 

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