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Côte d'Ivoire / Politique

La Côte d'Ivoire au bord de la guerre civile selon l'ONU

Un véhicule blindé de l'ONUCI positionné entre les femmes qui manifestent leur soutien à Alassane Ouattara, sur la voie express qui traverse Abobo et les forces de défense et de sécurité à Abidjan, le 3 mars 2011.
Un véhicule blindé de l'ONUCI positionné entre les femmes qui manifestent leur soutien à Alassane Ouattara, sur la voie express qui traverse Abobo et les forces de défense et de sécurité à Abidjan, le 3 mars 2011. Issouf Sanogo/ AFP
Texte par : RFI Suivre
11 mn

En Côte d’Ivoire, Abobo, fief d’Alassane Ouattara dans l’agglomération d’Abidjan, a connu de nouvelles violences ce jeudi 3 mars 2011. Une marche de femmes qui manifestaient en sa faveur a été dispersée à balles réelles par les forces de l’ordre. A New York, Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni ce jeudi à huis clos sur la Côte d'Ivoire : le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Alain Le Roy a estimé que le pays «était au bord de la guerre civile». Une réunion des pays membres du panel pour la Côte d’Ivoire doit se tenir ce vendredi à Nouakchott.

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Violences à Abobo

Notre dossier spécial : les défis de Ouattara

Tout a commencé jeudi matin, près du carrefour du Banco, sur la voie express qui traverse Abobo. Des femmes s’y étaient rassemblées pour manifester leur soutien à Alassane Ouattara. Selon des témoignages recueillis par les agences de presse, les forces de défense et de sécurité les ont dispersées à balles réelles, faisant «au moins six morts» et «beaucoup

Hawa, présidente d'une ONG ivoirienne rapporte les circonstances du drame au micro de Tristan Michel

de blessés», écrit l’Agence France presse. Après avoir avancé dans la journée un bilan de «dix morts», l’agence Reuters l’a, elle, ramené jeudi soir à «sept morts», tandis qu’à l’Hôtel du Golf, où est toujours retranché Alassane Ouattara, on affirmait à RFI que le bilan était de «huit morts».

Invité d’une émission télévisée jeudi soir sur la Radio télévision ivoirienne, Ahoua Don Mello, porte-parole du gouvernement de Laurent Gbagbo n’a pas directement évoqué la manifestation des femmes d’Abobo mais a fustigé la présence de «terroristes» dans ce fief d’Alassane Ouattara.

Ce nouvel embrasement d’Abobo a, en tout cas, mis un terme à une période d’accalmie de trois jours, étant rappelé que cette commune du Nord de l’agglomération d’Abidjan avait été, la semaine dernière, le théâtre de violents affrontements à l’arme lourde entres Forces de défense et de sécurité et partisans d’Alassane Ouattara.

Le Conseil de sécurité des Nations unies «profondément préoccupé»

Lors de cette réunion à huis clos sur la Côte d'Ivoire, le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Alain Le Roy a estimé que le pays « était au bord de la guerre civile ». Il a notamment souligné que les femmes abattues hier à Abidjan l'ont été « par des mitrailleuses lourdes » de calibre 12,7. L'ambassadeur de Chine auprès des Nations unies, Li Baodong présidait cette réunion. C'est lui qui en a lu le communiqué final :

Li Baodong, ambassadeur de Chine auprès de l'ONU

«Les membres du Conseil de sécurité sont profondément préoccupés par l'escalade de la violence en Côte d'Ivoire ces derniers jours, particulièrement à Abidjan, après les informations faisant état d'attaques contre des civils, y compris des femmes. Ils sont aussi profondément préoccupés par le nombre croissant de réfugiés et de déplacés à la suite de ces violences. Ils expriment leur inquiétude concernant les risques de reprise de la guerre civile, ils demandent à toutes les parties de faire preuve de retenue pour éviter cela, et de résoudre leurs différends de manière pacifique. Ils condamnent les menaces, les restrictions et les actes de violences perpétrées par les forces de sécurité contre les personnels des Nations unies et condamnent les violences commises par toutes les parties à l'encontre des civils ».

A Washington, les mots très durs du Département d'Etat

Sur son compte Twitter, ce jeudi matin, le porte-parole du Département d'Etat évoquait la «faillite morale» de Laurent Gbagbo...

une faillite, estimait Philip Crowley, devenue «évidente au moment où les forces de Laurent Gbagbo ont tué des femmes»...

Réunion du panel ce vendredi à Nouakchott

Réunion du panel à Nouakchott : un air de déjà vu...

Les chefs d'Etat du panel sur la côte d'Ivoire ont maintenu pour ce vendredi 4 mars leur réunion prévue à Nouakchott, même si ce panel s'est donné un mois pour trouver des solutions contraignantes pour obtenir le départ de Laurent Gbagbo.

Ces mêmes chefs d'Etat étaient venus une première fois à Nouakchott le 20 février pour y étudier des propositions de sortie de crise. De source officielle, on indique qu'un nouveau déplacement à Abidjan des membres du panel est prévu après Nouakchott. Pour sa part le président tchadien Idriss Deby Itno, membre de la médiation, a lancé un appel aux deux présidents rivaux de Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, pour « un arrêt immédiat des affrontements en observant un cessez le feu ».
 

 

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