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Afrique / Banque mondiale

Banque mondiale : une nouvelle stratégie quinquennale pour le développement de l’Afrique

Michel Wormser, directeur Afrique pour la stratégie et le développement
Michel Wormser, directeur Afrique pour la stratégie et le développement Claire Morin-Gibourg
Texte par : Claire Morin-Gibourg
5 mn

La Banque Mondiale a profité des Assemblées de Printemps qui ont lieu cette semaine à Washington aux Etats-Unis pour lancer sa nouvelle stratégie pour le développement de l’Afrique. Une stratégie sur 5 ans qui se focalise sur l’emploi et la compétitivité. Une attention particulière sera portée à la grande vulnérabilité du continent, et en réponse, il faudra tenter d’augmenter la résilience de l’Afrique sur tous les plans, économique et social voire climatique. Michel Wormser est directeur Afrique pour la stratégie et le développement.

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RFI : Pourquoi une nouvelle stratégie pour le développement en Afrique ?
Michel Wormser :
L’Afrique change très rapidement : depuis dix ans nous observons une croissance remarquable, non pas sur quelques pays pétroliers, mais sur une vingtaine de pays qui ont augmenté leur PNB de plus de 4% par an sur une période de 10 ans. La pauvreté baisse de 1% par an et plusieurs pays comme l’Ethiopie ou le Malawi vont atteindre les Objectifs du millénaire d’ici à 2015. La productivité agricole, elle, va augmenter de 5% par an dans près de 20 pays également, c’est vraiment une Afrique pleine d’espoir et il était temps de remettre à jour notre stratégie et de réévaluer l’efficacité de notre aide.

RFI : Quels changements majeurs avez-vous effectué ?
M.W. :
Nous avons totalement inversé notre façon d’opérer, la stratégie n’a pas été écrite de Washington mais nous avons rencontré et écouté plus de 1 000 personnes dans les pays concernés. Avant la Banque mondiale était plutôt synonyme de financement aujourd’hui nous parlons plus de partenariat, crise oblige. Sur l’Afrique nous n’aurons que 25 milliards de dollars pour les trois prochaines années à venir, ce qui est très peu quand on regarde les besoins d’infrastructures ou de santé. Aujourd’hui nous sommes obligés de réfléchir en termes d’alliance avec les gouvernements, les bailleurs de fonds traditionnels mais aussi les nouveaux comme la Chine ou l’Inde sans oublier le secteur privé.

RFI : Pourquoi avez-vous avez ciblé votre stratégie sur la compétitivité et l’emploi ?
M.W. :
Dix millions de jeunes arrivent sur le marché du travail chaque année en Afrique. Pour éviter les crises sociales comme au Moyen-Orient ou en Afrique du Nord, l’Afrique se doit d’être compétitive. Concrètement, il faut axer les efforts sur les routes, trouver des solutions pour que les enclavés puissent avoir accès à des ports, fournir une électricité bon marché en jouant sur l’intégration régionale. Pourquoi un pays qui paye l’électricité 32 cts le kilowattheure (kWh) ne pourrait pas l’importer a seulement 6 cts du pays voisin ? Il n’y a aucune raison pour que l’Afrique ne soit pas compétitive sur les marchés extérieurs: un pays comme le Mali a multiplié par dix sa production de mangues en quelques années.

RFI : Votre stratégie 2011-2016 met en avant vulnérabilité et résilience ? N’est-ce pas antinomique ?
M.W. :
L’Afrique est soumise à plus de chocs que les autres continents, des chocs macro-économiques mais aussi climatiques. Etant plus vulnérable, il faut trouver des systèmes qui permettent de mieux gérer les crises, d’atténuer leurs effets, il faut créer des filets de sécurité pour les citoyens. Aujourd’hui 93% de l’agriculture en Afrique est nourrie par les pluies, aider au développement des réserves d’eau est l’un des axes les plus importants de notre stratégie. Nous sommes devenus beaucoup plus sélectif dans notre approche en ciblant quelques projets qui peuvent faire une grande différence pour un grand nombre de citoyens. Nous souhaitons également augmenter la résilience de l’Afrique, c'est-à-dire sa capacité à résister aux chocs et à remonter la pente après avoir été pénalisée par de graves crises. Nous sommes impressionnés par le dynamisme du Burundi, du Rwanda ou du Liberia.

RFI : Quels risques avez-vous identifié ?
M.W. :
Il y en a plusieurs: la volatilité des prix, la possibilité de nouveaux conflits et la manque de ressources. Face à la crise des pays riches, les possibilités d’aide diminue, l’Afrique devra donc faire mieux avec moins de moyens malgré les déclarations de bonnes intentions. L’Afrique devra trouver d’autres moyens de financement et se tourner vers le secteur privé qui a investi 53 milliards de dollars l’année dernière. Il faut donner des occasions d’investissement au secteur privé qui peut faire une très grande différence sur le continent à une époque où les bailleurs de fonds sont malheureusement beaucoup plus contraints.

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Pour en savoir plus :

Le site de la Banque Mondiale

La Banque Mondiale/ région Afrique sur Facebook

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