Accéder au contenu principal
Transports / Sécurité routière

Plusieurs banques veulent lutter contre les accidents de la route dans les pays en développement

La mortalité routière coûte aux pays pauvres jusqu’à 5% de leur produit intérieur brut (PIB). Ici, un accident près de Johannesburg, en Afrique du Sud.
La mortalité routière coûte aux pays pauvres jusqu’à 5% de leur produit intérieur brut (PIB). Ici, un accident près de Johannesburg, en Afrique du Sud. Antoine Decaux/Getty Images
Texte par : Agnieszka Kumor
4 mn

Sept banques de développement unissent leurs forces pour lutter contre la mortalité routière qui augmente surtout dans les pays en développement. Selon l’Organisation mondiale de la santé, les accidents de la route font chaque année 1,3 million de morts et 90% des personnes tuées vivent dans les pays du Tiers-monde. La route tue plus que le paludisme et surtout des enfants et des jeunes.

Publicité

Les sept banques de développement ont pris cette décision en raison du nombre grandissant des tués de la route. La Banque mondiale et six banques régionales : inter-américaine, asiatique, africaine, islamique, européenne de reconstruction et de développement, ainsi que la Banque européenne d’investissement ont annoncé qu’elles comptent apporter et susciter des financements en vue de concevoir et exploiter des systèmes de transports routiers « pour assurer une plus grande protection à tous leurs usagers ». Elles veulent contribuer à atteindre l’objectif des Nations unies de diviser par deux le nombre de morts d’ici à 2020, car si rien n’est fait, il grimpera à 2,4 millions par an. 

Pourquoi les bilans s’alourdissent surtout dans les pays en développement ? Robert Zoellick, président de la Banque mondiale, met en cause la construction de nouvelles routes et la progression du nombre de véhicules en circulation. Ces deux facteurs contribuent dans une grande mesure à l’émergence des situations dangereuses où s’opposent les usagers vulnérables de la route et une marée montante d’automobiles et de camions. Près de la moitié des victimes sont des piétons, des motocyclistes, des cyclistes et des usagers des transports publics. En effet, les véhicules destinés aux transports publics, lorsqu’ils sont surchargés et peu sûrs, sont impliqués dans des accidents de la circulation parfois mortels. Les plus vulnérables sont les enfants et les jeunes. La route représente la première cause de décès chez les 5 à 29 ans dans le monde.

Un bilan humain très lourd et un gouffre financier

Mais la situation n’est pas uniquement alarmante à cause des pertes de vies humaines. C’est aussi un gouffre financier. La mortalité routière coûte aux pays pauvres jusqu’à 5 % de leur produit intérieur brut (PIB). Il s’agit des familles des victimes, privées de leur source de revenus, mais aussi des charges liées à l’hospitalisation et la rééducation des blessés qui pèsent sur des systèmes de santé fragiles. Car outre les tués, les accidents de la circulation laissent chaque année dans le monde environ 50 millions de blessés. Les pertes économiques s’élèvent entre 45 et 69 milliards d’euros ce qui, selon la Banque mondiale, représente plus que la totalité de l’aide au développement.

Le premier rapport à ce sujet est paru en 2009, suite à une enquête menée par l’OMS dans 178 pays l’année précédente. Selon les données récoltées, les 10 pays où le nombre de décès est le plus élevé sont : la Chine, l’Inde, le Nigeria, les Etats-Unis, le Pakistan, l’Indonésie, la Fédération de Russie, le Brésil, l’Egypte et l’Ethiopie. En 2010, au Brésil, plus de 36 000 personnes sont mortes dans les accidents de la circulation, ce qui représente cent personnes par jour en moyenne.

Quelles solutions pour inverser les tendances ? On peut prévenir les accidents en réduisant la vitesse. Les contrôles de police et les radars automatiques sont des moyens très efficaces de faire respecter les limitations. La mauvaise qualité des routes et l’absence de chaussée et d’éclairage sont en cause. Il faut investir dans les infrastructures qui permettent aux piétons et aux cyclistes de se déplacer en toute sécurité. Lors de la prise de décisions politiques pour planifier l’aménagement du territoire et les transports, « certaines solutions consistent à modifier de façon appropriée l’environnement routier et à créer un cadre politique propice », estime l’OMS. Enfin, on espère que les campagnes nationales contre l’alcool au volant donnent les effets escomptés. 

L’aide internationale dans ce domaine a été jusqu’à présent complètement négligée. Huit millions d’euros sont consacrés annuellement à la sécurité routière dans les pays pauvres.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.