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Côte d'Ivoire

IB, une personnalité bien encombrante de la scène ivoirienne

Le sergent-chef Ibrahim Coulibaly, chef du «commando invisible» a été tué le 27 avril 2011.
Le sergent-chef Ibrahim Coulibaly, chef du «commando invisible» a été tué le 27 avril 2011. AFP
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Retour sur la mort, mercredi 27 avril 2011 au soir, de l'ex-putschiste Ibrahim Coulibaly, dit IB. Le chef du « commando invisible », tué par les forces du président ivoirien Alassane Ouattara, était perçu comme une menace par le pouvoir, même s'il avait contribué à la chute de Laurent Gbagbo. Entre IB et le Premier ministre Guillaume Soro, il existait une rivalité sanglante. Sa disparition, officiellement regrettée, vient néanmoins brouiller l’image des nouvelles autorités.

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Officiellement tout le monde déplore la mort d'IB mais pour autant, aucun membre du pouvoir ne pleure la disparition de celui qui depuis plus de dix ans incarnait l'instabilité politique ivoirienne.

Selon nos informations, Alassane Ouattara avait donné instruction à Guillaume Soro de capturer vivant celui qui revendiquait la tête du « commando invisible » d'Abobo. Mais jeudi, dans l'entourage du président, chacun estimait que Ibrahim Coulibaly avait lui même scellé son sort en refusant toutes les demandes de reddition. Au sein du PDCI, l'ancien parti unique, on considère également que l'idéal aurait été d'éviter toute effusion de sang mais, selon une source diplomatique, dans les faits, personne ne se lamente de la mort du tombeur du président Bédié.

Politiquement, celui qui apparaît aujourd'hui comme le principal bénéficiaire de la disparition d'IB est Guillaume Soro. L'actuel Premier ministre est désormais débarrassé de son ennemi intime et, chez ses commandants militaires jeudi, tous se disaient soulagés, sûrs d'avoir accompli leur devoir.

Soro-IB, une sanglante rivalité

Entre Ibrahim Coulibaly et Guillaume Soro, la guerre était déclarée de longue date. Elle remonte à l'année 2003, quand le second, tente de prendre le contrôle de la rébellion nordiste, rebaptisée Forces nouvelles. Il s'appuie sur un groupe de commandants de zone, dont Ouattao et Sherif Ousmane, qui trouvent IB trop encombrant. Le sergent-chef ne pardonne pas à Guillaume Soro qu'il a nommé à la tete de l'aile politique, de vouloir ainsi saper son autorité. Soro, lui juge que l'avenir de la rébellion appartient à des hommes de sa trempe.

Entre 2003 et 2004 les deux camps règlent des comptes de façon sanglante. En juillet 2004, les hommes de Soro attaquent ceux de IB dans la région de Korhogo. Une purge qui coûtera la vie à centaine de combattants proches d'IB, morts étouffés dans un container. Par la suite, des assassinats ciblés contre les proches d'IB à Bouaké déstabilisent le sergent-chef. A en croire l'entourage de Guillaume Soro, IB a voulu se venger avec une tentative d'assassinat sur la piste de l'aéroport de Bouaké contre celui qui est alors Premier ministre. Dernier avatar de cette guerre, Soro aurait fait capoter ces derniers jours un rapprochement entre IB et Alassanne Ouattara.

Une image brouillée du nouveau pouvoir

La mort d'IB arrange beaucoup de monde à Abidjan, où rares sont ceux qui regrettent

Notre dossier spécial : les défis de Ouattara

son décès. Il reste que si cette élimination envoie un message fort à tous ceux qui refusent encore de rendre les armes, elle vient aussi brouiller l'image des nouvelles autorités qui se retrouve encore une fois entachée de sang. Jeudi, un cacique du RHDP (le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix), ne cachait pas son embarras. Selon lui, «après les violences de l'ouest, nous aurions dû trouver une solution négociée car l'accumulation des cadavres risque tôt ou tard de nous poser problème dans une opinion publique toujours partagée

... et de pratiquer le plus rapidement une autopsie... La veille (mardi) le général Coulibaly, après la voix de son porte-parole, avait demandé à ses troupes de désarmer... et il attendait l'ONUCI qui devait regrouper les armes... Je m'explique difficilement les raisons de cet assassinat.

Ben Rassoul Timité, chef de cabinet d'IB : Nous demandons aux autorités de faire toute la lumière sur cet assassinat

 

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