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Maroc / Attentat

Attentat de Marrakech : les premiers éléments de l'enquête

Les enquêteurs poursuivent leur travail sur les lieux de l'attentat qui n'a toujours pas été revendiqué même si l'hypothèse al-Qaïda est de plus en plus avancée, 29 avril 2011.
Les enquêteurs poursuivent leur travail sur les lieux de l'attentat qui n'a toujours pas été revendiqué même si l'hypothèse al-Qaïda est de plus en plus avancée, 29 avril 2011. Reuters/Youssef Boudlal
Texte par : RFI Suivre
7 mn

Selon le ministre marocain de l'Intérieur, le bilan de l'attentat de Marrakech s'établissait vendredi soir 29 avril 2011, à 16 morts dont 13 ont été identifiés : sept Français, deux Canadiens, deux Marocains, un Anglais et un Néerlandais. L’attentat n’est toujours pas revendiqué mais on en sait un peu plus sur le mode opératoire de l’attaque contre le café Argana.

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Je suis médecin réanimateur, ici à l’hôpital universitaire depuis cinq ans et je n’ai jamais vu ça, c’est très dur…

Reportage à l'hôpital Ibn Toufaïl de Marrakech où ont été accueillies les victimes de l'attentat

L'attentat n'a pas été formellement revendiqué, mais on a appris qu'une vidéo postée sur internet trois jours avant l'attentat et attribuée à AQMI menaçait le Maroc. Par ailleurs, les autorités affirment que la bombe, un engin de forte puissance, a été déclenchée à distance, un mode opératoire et des explosifs qui rappellent les méthodes d'al-Qaïda.

Cette information a deux conséquences : elle permet d’abord d’évacuer définitivement la piste du kamikaze. Ensuite, la présence de TATP, produit apparemment apprécié des groupes islamistes radicaux selon les spécialistes, permet de faire un lien entre cet attentat et al-Qaïda.

Enfin, si la bombe a été déclenchée à distance, cela signifie concrètement que le suspect court toujours. « Nous devons rester vigilants », a affirmé le ministre de l’Intérieur Taieb Cherkoui.

A Marrakech, la présence policière a été renforcée, même si la place Djemaa el-Fna grouillait de nouveau de monde vendredi soir, sans contrôle particulier.

En frappant sur le sol marocain, les auteurs de l'attentat ont provoqué une onde de choc au sein même de la population et de la classe politique marocaine. L'attentat touche le royaume chérifien dans une période délicate, alors qu'il vient de s'engager il y a un mois et demi à conduire des réformes, pour renforcer l'indépendance de la justice et la séparation des pouvoirs. Des réformes réclamées par le peuple, à coups de manifestations, et par un mouvement qui a pris de l'ampleur sur les réseaux sociaux d'internet le mouvement du 20 février.

Certaint ont-ils intérêt à stopper ces réformes ? A pousser le pouvoir dans une approche sécuritaire ? En tout cas, les Marocains craignent que l'attentat soit un argument pour justifier un retour en arrière. Il faut continuer notre lutte, dire non à la corruption, réclamer notre droit au changement, ont rappelé hier, vendredi, des militants du mouvement du 20 février.

« L'objectif de cet attentat est de répandre la peur et de perturber le mouvement de protestation populaire au Maroc », affirme de son côté le mouvement islamiste interdit Justice et Bienfaisance qui appelle les autorités à ne pas utiliser le drame pour porter atteinte aux droits de l'homme. Tout en dénonçant un acte barbare, lâche et criminel.

Aux éventuels déstabilisateurs, et à ceux qui aspirent à des réformes, le porte-parole du gouvernement a répondu fermement en annonçant que « le processus politique qui vient d'être engagé ne sera pas remis en cause ».

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