Libye

Misrata inquiète après la fin de l'ultimatum de Mouammar Kadhafi

Benghazi, 3 mai 2011. Un insurgé bloque la rue après l'explosion d'une voiture piégée non loin du tribunal de la ville, qui sert de lieu de réunion au Conseil national de transition.
Benghazi, 3 mai 2011. Un insurgé bloque la rue après l'explosion d'une voiture piégée non loin du tribunal de la ville, qui sert de lieu de réunion au Conseil national de transition. © Mohammed Salem/Reuters

À Misrata, les habitants sont inquiets ce mercredi. L'ultimatum fixé par le régime libyen aux rebelles pour se rendre a expiré. La ville est assiégée depuis plus de deux mois par les forces pro-Kadhafi. À Tripoli, trois fortes explosions ont été entendues dans la nuit. Dans l'ouest du pays, où des combats violents opposent rebelles et les loyalistes, des milliers de Libyens fuient en direction de la Tunisie.

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La journée de ce mardi 3 mai a été relativement calme à Misrata au lendemain d'une offensive des forces du dirigeant Mouammar Kadhafi. Pour la première fois depuis longtemps, aucun obus ni roquette ne sont tombés sur la ville même si les combats se poursuivent dans certains faubourgs, proches de l'aéroport.

Ce calme est sans doute lié, rapporte l'AFP, aux destructions infligées par l'Otan (Organisation du traité de l'Atlantique Nord) qui a annoncé avoir détruit des stocks de munitions. Mais l'ambiance reste lourde à l'expiration de l'ultimatum lancé aux rebelles par Mouammar Kadhafi pour se rendre. Plus que tout, les insurgés craignent le blocage du port de Misrata, seule voie d'approvisionnement possible pour la ville qui tient tête depuis deux mois aux loyalistes.

Le navire Red Star One, affrété par l'Organisation internationale des migrations, (OIM) attend depuis quatre jours le feu vert de l'Otan et des autorités portuaires pour accoster dans le port de la troisème ville du pays, où les combats ont fait plus de 1 500 morts depuis le début du conflit, selon le Croissant-Rouge libyen. Le Red Star One doit décharger du matériel médical et surtout évacuer un millier de migrants, dont 40 blessés, de Misrata.

À Benghazi, dans l'est du pays, un attentat à la voiture piégée a eu lieu à 200m du tribunal, qui sert de lieu de réunion au Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion. L'explosion n'a fait que 2 blessés légers. Il s'agit du premier attentat dans la ville depuis le début de l'insurrection.

Cette nuit, Tripoli a été secouée par trois fortes explosions. Des avions, vraisemblablement de l'Otan, ont survolé la capitale libyenne.

À l'ouest du pays, la ville de Zenten, sur la route de la frontière vers la Tunisie, a été la cible d'une vingtaine de roquettes Grad* des forces loyalistes ce mardi.

 

Pour protéger leur position, ils sont une vingtaine à peine, armés de kalachnikovs et de quelques batteries antiaériennes, montées sur des pick up, dérobés aux pro-Kadhafi. 

Les rebelles qui détiennent le poste frontière de Dehiba depuis six jours, préfèrent rester discrets sur leurs effectifs réels. Quelque part dans les montagnes -ils l'assurent- beaucoup d'autres surveillent une centaine de véhicules militaires loyalistes qui prépareraient une nouvelle offensive sur la frontière tunisienne. 

La semaine dernières, au prix de violents combats qui avaient débordé sur le sol tunisien, les militaires libyens avaient repris le contrôle du deuxième poste frontière avec la Tunisie pour reperdre ce point logistique, capital pour les deux camps, quelques heures plus tard. Depuis, le poste de Dehiba vit au rythme des alertes d'attaque et d'évacuation. 

Chaque jour, tant qu'ils le peuvent encore, les insurgés laissent passer des vivres pour les combattants. Côté tunisien, des centaines de familles libyennes se sont réfugiées, fuyant les bombardements quotidiens de leurs villes de Nalut et de Zentane.

   

Le 30 avril, Mouammar Kadhafi s’est dit prêt à conclure un accord de cessez-le-feu et à ouvrir des négociations avec la France et les États-Unis. Le Conseil national de transition et l'Otan lui ont opposé une fin de non-recevoir.

Ce 5 mai, une réunion du Groupe de contact sur la Libye se tiendra à Rome, en Italie.

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*Les roquettes Grad ont été développées par l'Union soviétique dans les années 60. Plusieurs autres pays ont repris le modèle.

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