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Tunisie

L'humour pour relancer le tourisme en Tunisie se heurte à l'actualité

Une des trois affiches de la campagne publicitaire lancée par l'Office national du tourisme tunisien
Une des trois affiches de la campagne publicitaire lancée par l'Office national du tourisme tunisien Bonjour-Tunisie
Texte par : Camille Sarret
3 mn

La Tunisie parie sur l'humour pour faire revenir les touristes français qui ont déserté le pays depuis la chute de Ben Ali. Elle vient de lancer une campagne publicitaire au ton décalé mais qui résonne de manière bien étrange dans le contexte actuel de réinstauration du couvre-feu à Tunis depuis samedi et pour une durée indéterminée. 

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Le ton est décalé, l’humour est de mise. Pour relancer son secteur touristique en berne, la Tunisie a lancé en France une campagne choc jouant sur les clichés de la révolution du Jasmin qui a renversé le despote Ben Ali en janvier dernier. Trois affiches ont été réalisées par l'agence Ogilvy Tunis.

  • « Il paraît qu’en Tunisie, la tension est à son comble », avec en gros plan des doigts de pieds en éventail sur la plage.
     
  • « On dit qu'en Tunisie, les balles fusent », une phrase inquiétante contrebalancée par l’image d’un golfeur examinant le parcours de sa dernière balle.
     
  • « On raconte que la Tunisie est un champ de ruines », légende ironique plaquée sur une photo de vestiges antiques.

C’est osé et cela a coûté 3 millions d’euros à l’Office national du tourisme tunisien. Pour Habib Ammar, le directeur général, « aujourd'hui, la sécurité n'est plus une question ». « Je suis convaincu, a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse tenue à Paris la semaine dernière, que nous pourrons, en maintenant nos efforts, atteindre 60% de la fréquentation de l'année dernière. »

Pourtant, le télescopage dans les journaux français ce lundi 9 mai 2011 de ces affiches avec les dernières informations sur la situation tunisienne, provoquerait plutôt un effet dérangeant, voire contreproductif.

Depuis jeudi 5 mai, des manifestations anti-gouvernementales, dispersées à coups de matraque et de gaz lacrymogènes, ont lieu chaque jour à Tunis. Depuis samedi, un couvre-feu nocturne est imposé sur la capitale et sa banlieue pour une durée indéterminée. Quant à la situation politique, elle reste fragile. Il se peut que les élections législatives prévues le 24 juillet prochain soient reportées, le Premier ministre de la transition ne l'a pas exclu.

Alors, faut-il jouer sur le thème sensible de la sécurité pour faire revenir les touristes français sur les plages tunisiennes et les sites culturels ? Rien n’est moins sûr. En tout cas, le secteur touristique qui pèse près de 7 % du PIB et emploie jusqu’à 400 000 personnes reste stratégique pour l’économie du pays. Pour l’heure, les réservations estivales sont en recul de 55%.
 

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