G8 / Afrique

Le vent démocratique qui souffle en Afrique au cœur du G8

Un message de soutien aux démocraties émergentes est adressé lors de ce G8 qui se déroule à Deauville, les 26 et 27 mai 2011.
Un message de soutien aux démocraties émergentes est adressé lors de ce G8 qui se déroule à Deauville, les 26 et 27 mai 2011. Reuters/P.Rossignol

Les présidents de la Côte d’Ivoire, du Niger et de la Guinée Conakry sont les invités exceptionnels du sommet du G8 qui se tient à Deauville, en France, jeudi 26 et vendredi 27 mai 2011. Présents également, les dirigeants des pays africains qui sont à l’origine de la création du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique – le Nepad.

Publicité

Lors de ce sommet, les pays du G8 tiennent à rendre un hommage aux démocraties émergentes dans le monde arabe mais aussi en Afrique. Les présidents de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, de la Guinée Conakry, Alpha Condé, et du Niger, Mahamadou Issoufou, participent ainsi pour la première fois depuis leur élection à un tel sommet. Par ailleurs, et pour leur première réunion depuis le début du printemps arabe, les dirigeants du G8 comptent apporter un appui massif à l’Egypte et la Tunisie.

L’Afrique attend toujours des pays du G8 qu’ils remplissent leurs engagements

Les attentes des dirigeants africains et de la société civile sont nombreuses. En dépit d’importantes richesses minières, la Guinée et le Niger font partie des pays les plus pauvres au monde. La Côte d’Ivoire, elle, reste une puissance régionale mais la récente crise politique a porté un coup terrible à son économie.

L’ONG Oxfam France a souligné que les promesses d’aide aux pays pauvres, régulièrement avancées par les pays membres du G8, ne sont jamais entièrement tenues. Ainsi, dit l’ONG, au sommet du G8 de 2005, à Gleneagles, en Ecosse, 50 milliards de dollars d’aide publique internationale avaient été promis sur cinq ans, dont 25 milliards pour l’Afrique. Or, selon cette organisation, seuls 31 milliards ont été déboursés et seulement 11 milliards sur la somme promise à l’Afrique.

RFI a recueilli la réaction de Mahamadou Ouhoumoudou, ministre des Finances du Niger. Il attend de ce G8 une aide au développement conséquente.

S'il n'y a pas de sécurité, les grands projets miniers que nous avons dans le nord risquent d'être compromis.

MAHAMADOU OUHOUMOUDOU, ministre des Finances du Niger

Invitation exceptionnelle de trois dirigeants africains aux « parcours démocratiques exemplaires », selon Paris

Ce vendredi 27 mai 2011, les partenariats G8-Afrique seront au cœur de la deuxième journée du sommet. La présidence française se félicite en soulignant que « pour la première fois, et c’est la novation de ce G8, nous avons réussi à négocier ensemble entre pays africains et pays du G8 la déclaration qui sera publiée à l’issu de la rencontre ».

Le vent démocratique a soufflé en Côte d'Ivoire où Alassane Ouattara a été élu au second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Toutefois, il n’a pu accéder à la présidence que grâce au soutien militaire de la France et de l’ONU – son prédécesseur, Laurent Gabgbo, au pouvoir depuis 2002, ayant refusé de reconnaître les résultats électoraux. Un refus qui a entraîné un nouveau cycle de violences dans le pays et qui a provoqué 3 000 morts jusqu’au jour de son arrestation, le 11 avril dernier.

En Guinée Conakry, marquée par 50 ans de dictatures civiles et militaires, Alpha Condé est devenu le premier président démocratiquement élu le 7 novembre, à l’issue d’un processus électoral laborieux, marqué par des violences politico-ethniques.

Quant au Niger, Mahamadou Issoufou a été élu le 12 mars après une période de transition militaire née d’un coup d’Etat ayant renversé en février 2010 Mamadou Tandja qui, après dix ans de présidence, avait tout fait pour se maintenir au pouvoir.

Les organisations non gouvernementales se mobilisent

L’ONG Oxfam France a organisé hier, mercredi 25 mai, une parodie de G8 au pied de la Tour Eiffel à Paris pour attirer l’attention sur la crise alimentaire dans le monde, à la veille du début de ce sommet des huit pays les plus industrialisés du monde. Oxfam a ainsi rappelé que « la crise alimentaire n’est pas terminée et que 925 millions de personnes souffrent encore de la faim dans le monde ».

De son côté, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-TERRE SOLIDAIRE) publie un dossier sur trois grandes recommandations aux pays membres du G8 : « Ils doivent encadrer les investissements et les activités de leurs multinationales en Afrique ; assurer la souveraineté alimentaire ainsi que leur soutien à l’agriculture familiale et enfin, s’engager pour une paix durable en Afrique. »

De son côté, Médecins sans frontières (MSF) a demandé, mardi 24 mai, aux Etats membres du G8 de « s’engager à garantir une alimentation adéquate pour les enfants les plus vulnérables ». MSF rappelle qu’en 2010 à Muskoka, au Canada, les membres du G8 se sont engagés à réorienter leurs efforts ces cinq prochaines années, afin de diminuer les taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans de deux tiers par rapport à ceux de 1990.

Lors de ce sommet de Deauville, outre les questions économiques, les dirigeants africains et occidentaux évoqueront également les crises les plus graves du continent africain dont celles du Soudan, de la Somalie et du Zimbabwe.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail