Somalie

Un rapport accuse des officiels somaliens de détournements de fonds

Carte de la Somalie.
Carte de la Somalie. RFI

Des détournements de dizaines de millions de dollars par les officiels du gouvernement de transition en Somalie, c’est la conclusion d’un rapport d’audit par un organisme qui dépend du Premier ministre, publié cette semaine. Un coup de tonnerre pour le gouvernement, dont le porte-parole nie la véracité du rapport, mais qui fait suite à de multiples préoccupations de la part des bailleurs de fond sur la gestion du gouvernement de transition.

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Vous savez par exemple le Soudan nous donnait un million de dollars par mois, mais il n’y en a aucune trace. Il n’y a pas de système pour rendre responsable quiconque en Somalie. Tout est basé sur les personnalités.

Abdirazak Fartaag

Au total, 75 millions de dollars ont été donnés par les pays arabes depuis deux ans selon le rapport, or, le ministère des Finances ne garde trace que de 2,7 millions. La pratique est courante. Des officiels somaliens repartent régulièrement du Soudan, de la Libye, des Emirats, ou d’Arabie saoudite avec des valises de billets.

« Il n’y a pas de système pour rendre responsable quiconque en Somalie, explique Abdirazak Fartaag, de l’Unité de gestion financière de la primature, l’auteur du rapport. Certains individus se rendent dans les pays arabes pour recevoir du cash, bien sûr si c’était un pays occidental, cinq millions de dollars, on en aurait la trace écrite, pas dans ce cas-là. Je ne souhaite pas que la communauté internationale punisse les Somaliens, mais je veux qu’elle demande des comptes à certains individus ».

Le rapport pointe du doigt l’opacité dans les revenus collectés localement, via le port, l’aéroport, ou encore les taxes sur le khat ou les télécommunications. Et la réaction du gouvernement ne s’est pas fait attendre.

« Cet homme n’est pas employé par le gouvernement, j’ai entendu qu’il avait été remercié en janvier dernier », déclare le ministre de l’Information Abdulkareem Jama. Le ministre des Finances, Hussein Abdi Halane conteste lui la véracité de ce rapport : « Personne au monde ne donnera des millions de dollars sans aucun document, tous les gouvernements tiennent leurs propres comptes, même les pays arabes quand ils donnent de l’argent. Tout l’argent que nous recevons doit être rapporté ».

En coulisses, ce rapport satisfait plusieurs représentants de la communauté diplomatique à Nairobi. Et les conclusions n’ont pas beaucoup surpris. Reste à savoir quelles seront les réactions concrètes à ce rapport inédit.

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