Afrique du Sud

Afrique du Sud : un centre d'accueil pour réfugiés fermé à la demande des milieux d'affaires

Des réfugiés zimbabwéens accueillis dans une église méthodiste de Johannesbourg en juillet 2008.
Des réfugiés zimbabwéens accueillis dans une église méthodiste de Johannesbourg en juillet 2008. Getty Images/Shashank Bengali
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Le seul centre d'accueil de Johannesbourg dans lequel les réfugiés pouvaient effectuer leurs démarches de demande d'asile a fermé ses portes cette semaine. Une fermeture décidée par la justice à la demande des milieux d'affaires de la capitale économique sud-africaine, pour qui la présence des réfugiés était gênante. Le pays s'oriente vers une réorganisation complète de ses procédures d'asile, jusque-là parmi les plus accueillantes au monde.

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Avec notre correspondante au Cap

Johannesbourg, capitale économique de l’Afrique du Sud et eldorado pour des milliers de réfugiés venus principalement du Zimbabwe voisin, n’a plus de bureaux pour traiter leurs dossiers.

La fermeture, mercredi 1er juin 2011 du centre de réception de Crown Mines, a été ordonnée après que les riverains aient porté plainte pour « nuisance ». Les refugiés vivant à Johannesbourg devront désormais se rendre au centre de Pretoria, à plus de 70 km de là, pour suivre leurs dossiers de demande d’asile.

Pour Siphokazi Mthathi, directeur de Human Rights Watch pour l’Afrique du Sud, cette décision est « un terrible coup pour des demandeurs d’asile peinant déjà à obtenir une protection adéquate dans un système dysfonctionnel ». Un système qui est pourtant l’un des plus libéraux au monde. Ce qui explique que les demandes d’asile aient été multipliées par dix entre 2005 et 2010, faisant de l’Afrique du Sud le pays le plus convoité, loin devant les Etats-Unis.

Cette fermeture pourrait être rapidement suivie par d’autres. Le gouvernement vient d’annoncer qu’il prévoyait de remplacer ses six autres centres à travers le pays par des postes aux frontières, pour tenter de contrôler l’afflux.

Une situation difficile qui risque d’être aggravée par la reprise annoncée pour le 31 juillet des déportations vers le Zimbabwe, après un moratoire de deux ans.

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