ONU/Soudan

Sud-Soudan : l'attitude «pathétique» des casques bleus zambiens

Des soldats du contingent zambien en patrouille à Abyei, le 30 mai 2011.
Des soldats du contingent zambien en patrouille à Abyei, le 30 mai 2011. REUTERS/Stuart Price
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Où étaient donc les casques bleus ? Le contingent de casques bleus zambiens est resté terré dans ses baraquements pendant deux jours, le mois dernier, alors que les combats faisaient rage à Abyei entre les forces du Nord et du Sud-Soudan. Une attitude qualifiée de « pathétique » au siège des Nations unies à New York.

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Avec notre correspondant à New York, Karim Lebhour

L'épisode risque d'entacher une fois de plus la réputation des casques bleus. Lorsque les forces de Khartoum ont avancé sur la ville d'Abyei, disputée par le Nord et le Sud-Soudan, les 842 soldats zambiens sous mandat de l'ONU ont préféré rester dans leur caserne, plutôt que d'appliquer leur mandat de protection de civils. Leur commandant a jugé que la situation était trop dangereuse. Michel Bonnardeaux, le porte-parole des opérations de maintien de la paix reconnaît un raté :

« Bien évidemment, les casques bleus auraient pu et auraient dû mieux faire pour être plus visibles, et pour essayer de mettre fin aux batailles qui opposaient l’armée soudanaise et l’armée du Sud-Soudan ».

Interrogé sur un éventuel dysfonctionnement, Michel Bonnardeaux préfère parler d’attente : « Il y a eu peut-être une attente qui nous a semblé, du moins à partir de New York, un peu trop longue ».

Le commandant en chef des casques bleus, le général sénégalais Babacar Gaye a été envoyé à Abyei pour rappeler leur devoir de soldats au contingent zambien qui sera bientôt remplacé sans doute pas des soldats éthiopiens, plus aguerris.

En attendant, les Zambiens ont reçu le renfort de véhicules blindés et d'hélicoptères.  Mais cette affarie souligne à quel point il est difficile de recruter des casques bleus, entraînés et capables de s'interposer quand la situation dégénère.

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