Sénégal

Sénégal : Wade veut un président et un vice-président élus en 2012

Le président sénégalais Abudulaye Wade et son fils Karim.
Le président sénégalais Abudulaye Wade et son fils Karim. AFP Photo/Georges GOBET
Texte par : RFI Suivre
7 mn

Le Conseil des ministres sénégalais a adopté hier, jeudi 16 juin 2011, un projet qui fait grand bruit au Sénégal. Il s’agit d’instaurer un ticket président et vice-président pour l’élection présidentielle de 2012. Ce projet doit encore être adopté par l'Assemblée nationale et le Sénat.

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Les Sénégalais devront-ils voter pour deux candidats à la fois en 2012 ? Au moment où les annonces de candidatures se multiplient, le Conseil des ministres a examiné et adopté jeudi soir un projet de loi constitutionnelle instituant le ticket de l’élection simultanée au suffrage universel du président et du vice-président. Le projet a été adopté en Conseil des ministres sur proposition du président Abdoulaye Wade. Ce ticket présidentiel serait une nouveauté car, pour la première fois, les Sénégalais voteront pour un candidat et son colistier.

Une fois élus, le président et son vice-président partageront leurs prérogatives, qui seront au préalable définis par une loi constitutionnelle. Et point important, selon les constitutionnalistes, en cas de vacance du pouvoir ou d’indisponibilité du président, c’est le vice-président qui assure le mandat.

Pour Babacar Gaye, un professeur en droit constitutionnel, ce projet implique « un changement institutionnel majeur ». « En prenant cette initiative, le président choisit son dauphin », explique –t-il. « Si Wade est élu », poursuit le constitutionnaliste, « avec son âge, il ne restera pas sept ans au pouvoir et il désignera son vice-président pour le succéder ».

D'ores et déjà, ce projet suscite beaucoup de réactions. Certains y voient une volonté déguisée du président Wade d’imposer son fils. D’autres, de courtiser des alliés perdus.

Les réactions de la classe politique

Au micro de RFI, Hélène Tine, porte-parole de l’Alliance des forces du progrès (AFP) - la formation de l’ancien Premier ministre et opposant, Moustapha Niasse - considère que ce projet est une entorse grave à la pratique constitutionnelle au Sénégal.

Par cette nouvelle réforme, Wade veut régler sa succession à la place du peuple sénégalais en instaurant un ticket.

Hélène Tine, porte-parole de l'AFP

 Au micro de RFI, Aïssate Tall Sall, porte-parole du Parti socialiste sénégalais, affirme que le PS refuse la réforme et appelle à la résistance populaire.

Est-ce que le président Wade a le droit d'engager une telle réforme sans faire appel au peuple ?

Aïssate Tall Sall, porte-parole du Parti socialiste sénégalais

De son côté, Babacar Gueye, porte-parole du Parti démocratique sénégalais (PDS), considère que le président Abdoulaye Wade n’envisage pas un ticket avec son fils Karim, mais pourrait le proposer à un allié politique.

L'instauration d'un ticket me semble être pertinente.

Babacar Gaye, porte-parole du PDS

 

 

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