Tunisie

En Tunisie, le mouvement Ennahda se retire de la commission chargée des réformes

Rached Ghannouchi, le chef du parti islamiste tunisien Ennahda, à Tunis le 30 janvier 2011.
Rached Ghannouchi, le chef du parti islamiste tunisien Ennahda, à Tunis le 30 janvier 2011. AFP/FETHI BELAID
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Le mouvement islamiste tunisien Ennahda et son leader Rached Ghannouchi ont à nouveau claqué la porte de la commission chargée de piloter les réformes après la chute du régime Ben Ali. Pour Lourimi Ajimi, membre du bureau exécutif de l'Ennahda (« Renaissance »), il n'y a pas de démocratie ni de consensus dans la commission.

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Pour justifier son départ le parti islamiste tunisien explique ne plus vouloir travailler dans une instance qui s'érige en Parlement sans jamais avoir été élu. « Qui êtes-vous pour vouloir fixer des lois essentielles pour le peuple ? » a lancé aux membres de la Haute autorité de transition democratique le leader d'Ennahda.

Rached Ghannouchi reproche au president de la commission chargée de mener le pays aux élections, de ne plus respecter le consenus qui permettait jusqu'ici la prise de décision entre les différents partis, syndicats, personnalités de la société civile qui la composent. «Le climat qui n’est plus un climat de dialogue sincère et pluraliste et parce que le président du comité Yadh Ben Achour dirigeait le comité sans consensus et sans prendre en considération les objections et les réalisations des membres du comité » a indiqué à RFI Lourimi Ajimi, membre du bureau exécutif d'Ennahda.

Selon M. Ajimi, le déroulement des élections pourrait être remis en cause : « Nous exprimons des craintes que le comité ne soit plus un comité pour la réalisation des objectifs de la révolution mais pour la réalisation de l’agenda d’une minorité qui impose un autre agenda (...). Elles sont fixées pour la deuxième fois après la date du 24 juillet à une date ultérieure, le 23 octobre, a-t-il regretté. Mais ces élections n’auront peut-être pas lieu non plus à la date fixée ».

Des points de vues divergents

En fait, le contentieux porte d'abord sur la question du financement des partis politiques. Actuellement la Haute autorité discute en effet de nouvelles règles qui pourraient imposer des plafonds pour la campagne. Ennahda comme d'autres grandes formations disposant de ressources importantes pourrait voir d'un mauvais oeil toute idée de limitation des fonds notamment ceux reçus de l'étranger. L'autre point de désacord porte sur la politique étrangère. La Haute autorité travaille a la rédaction d'un pacte républicain, base de la future Constitution, qui évoque une option inconcevable actuellement pour Ennhada : la normalisation des relations avec Israël.

Mais finalement pour ses adversaires, le retrait du mouvement islamiste marque avant tout une stratégie électoraliste. À quatre mois des élections, les islamistes cherchent d'abord à se démarquer des autres formation en prenant le risque de fragiliser une instance essentielle de la tranistion democratique en Tunisie.

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