Soudan du Sud

Le Soudan du Sud fête son indépendance sous le signe de l’apaisement

Des dizaines de milliers de Sud-Soudanais ont dansé et applaudi leur nouveau pays. A Juba, le 9 juillet 2011.
Des dizaines de milliers de Sud-Soudanais ont dansé et applaudi leur nouveau pays. A Juba, le 9 juillet 2011. Reuters/Thomas Mukoya
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Des cris de joie et des pleurs. L'émotion était à son comble ce samedi 9 juillet 2011 à Juba lorsqu'a été hissé le drapeau du Soudan du Sud, dernier né des Etats de la planète. Après un demi-siècle de guerre civile et des millions de morts, le Sud s'affranchit du Nord. L'indépendance a été proclamée lors d'une cérémonie à laquelle ont pris part des dizaines de milliers de personnes mais également plusieurs représentants étrangers.

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Avec notre envoyée spéciale à Juba,

Le moment le plus marquant sans conteste a été la montée du drapeau accueilli par les youyou des femmes mais aussi par des larmes des gens qui ont éclaté en sanglots tant l’émotion était forte.

Une fois l’indépendance proclamée, le président Salva Kiir a signé la Constitution et puis l’hymne national a été chanté. Les discours se sont ensuite succédé. Les Etats-Unis ou encore la Grande-Bretagne, les pays de la région comme le Kenya, la Ligue arabe ou encore la Chine ont salué ce jour historique.

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Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU a toutefois rappelé qu’Abyei, le Sud-Kordofan et du Nil-Bleu étaient des questions urgentes à régler. Omar el-Béchir s’est lui aussi exprimé, saluant le nouveau pays qu’il a reconnu « parce qu’un référendum transparent y a été conduit ». Il a appelé à un partenariat sincère avec le Sud, proposé l’aide, l’expertise de son pays.

Un discours jouant l’apaisement accueilli avec un certain recul parmi certaines personnes dans le public. Si sa venue était très importante pour le futur, il n’en reste pas moins que l’euphorie de la journée ne va pas régler la liste de désaccords que ces deux nouveaux voisins continuent d’avoir pour de nombreux mois.

Entre euphorie et incertitudes

Devant une immense foule et en présence de personnalités du monde entier, le président de la République Salva Kiir a prêté serment, jurant de favoriser le développement et le bien-être du peuple. « Je m'engage devant vous à ce que nous trouvions une paix juste et durable pour tous ».

Alors que milliers de Sud-Soudanais scandaient « nous ne nous soumettrons jamais ! », c'est Omar el-Béchir, président du Nord, toujours sous le coup de mandats d'arrêts internationaux pour génocide et crime contre l'humanité, qui a pris la parole, lançant un appel à un partenariat sincère entre les deux pays : « Nous respectons nos engagements vis-à-vis du nouvel Etat. Son succès sera aussi le notre ».

Ce geste d'apaisement n'a toutefois pas fait disparaitre les inquiétudes concernant l'avenir : revenus du pétrole, tracé de la frontière Nord-Sud.

Pour l'heure Juba, la capitale, est à la fête mais les dirigeants devront rapidement régler ces questions sensibles. Ils pourront compter sur le soutien de l'Union européenne et des Etats-Unis qui ont officiellement reconnu le 54è Etat du continent africain.

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