Guinée

Guinée : les arrestations se poursuivent après l'attaque contre Alpha Condé

Une patrouille autour de la résidence du président Alpha Condé, le 20 juillet 2011.
Une patrouille autour de la résidence du président Alpha Condé, le 20 juillet 2011. AFP/CELLOU DIALLO

Une vague d'arrestations a été opérée parmi les militaires guinéens depuis l'attaque, mardi 19 juillet, contre le domicile du président Alpha Condé à Conakry. Ces soldats sont essentiellement des proches de l'ex-président du régime de transition, le général Sékouba Konaté. Par ailleurs, le beau-fils de l'adversaire malheureux d'Alpha Condé à la présidentielle, Cellou Dalein Diallo, a été interpellé ce jeudi matin.

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Avec notre correspondant à Conakry

J'ai encouragé le président de la République à poursuivre et à renforcer ce dialogue

Saïd Djinnit, représentant du secrétaire général de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest

Le cercle des interpellations s’élargit à l’opposition politique avec l’interpellation, ce jeudi matin, du beau-fils de Cellou Dalen Diallo et d’une dizaine de ses proches, dont un gamin de quinze ans. Amenés manu militari à la brigade de gendarmerie, ils ont été relâchés après près de deux heures d’interrogatoire.

De plus, des hommes en uniforme ont investi la nuit dernière les locaux du journal privé Le Défi, et détruit une grande partie du matériel informatique. Cependant, aucun journaliste n’a été arrêté.

Une source militaire a expliqué à RFI que 37 militaires, tous grades confondus, ont été

Cette situation immonde pourrait conduire le pays dans un chaos total.

Moussa Dadis Camara, ancien chef de la junte militaire en Guinée

arrêtés depuis l’attaque du domicile d’Alpha Condé mardi à l’aube. La plupart de ces militaires sont considérés comme des proches du général Sékouba Konaté qui avait présidé la transition et amené le pays à une élection présidentielles démocratique. On peut citer parmi ces militaires le général Nouhou Thiam, ancien chef d’état-major de l’armée, le colonel Sidiki Kamara surnommé « De Gaulle » et le commandant instructeur Alpha Oumar Diallo, dit « AOB ».

Le président Condé avait appelé au calme dès mardi matin mais les opérations de recherche des présumés responsables de l’attaque risquent d’une part de radicaliser une partie de l’armée, et d’autre part, d’inquiéter un peu plus les membres de l’opposition.

Dans l'entourage du général Sékouba Konaté, on dément toute implication et on s'interroge : quelles seraient les motivations de ces militaires ? Parmi eux figurent pourtant le commandant Sidiki Kamara surnommé « De Gaulle », parce qu'il est très grand, ainsi qu'un autre proche du général Konaté : son ancien chef d'état-major des armées, Nouhou Thiam. Limogé par le président Alpha Condé dans la foulée de sa prise de fonction, ce général est considéré comme « suspect ».

« De Gaulle et Nouhou Thiam, sont tous les deux malades », affirme-t-on dans l'entourage de Sékouba Konaté. « On veut nous salir, nous qui nous sommes battus pour que la transition soit un succès. Quel serait notre intérêt ? ». Toujours selon cette source, « il y a toujours eu des règlements de compte en Guinée, question de mentalité ». Et de rajouter qu’il faut se méfier des « manipulations qui peuvent venir de partout y compris de l'entourage présidentiel ».

Deux colonels réputés proches de Moussa Dadis Camara ont également été arrêtés. Il s'agit de Moussa Bonda Bon Camara et de Chérif Dyaby. Mais depuis son exil de Ouagadougou, l'ancien chef de la junte guinéenne dément tout lien avec les deux hommes, comme il dément toute implication dans cette attaque qu'il juge « horrible, criminelle et barbare contre le président élu de Guinée ».

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