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CAMEROUN/JUSTICE

Au Cameroun, liberté provisoire refusée à deux homosexuels présumés

Texte par : RFI Suivre
9 mn

La demande de mise en liberté provisoire de deux Camerounais présumés homosexuels a été rejetée mardi 23 août 2011. Les deux jeunes gens sont écroués depuis le 1er août à la prison Kondengui de Yaoundé. Ils avaient été interpellés avec un troisième homme dans la nuit du 26 au 27 juillet. Selon la police, tous les trois avaient été surpris alors qu'ils avaient des rapports sexuels à bord d'un véhicule dans le quartier Essos à Yaoundé.

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C’est donc derrière les barreaux que les deux hommes attendront leur procès pour homosexualité. Leur demande de mise en liberté provisoire a été rejetée ce mardi par le tribunal de première instance d’Ekounou au motif d’une insuffisance de garantie de représentation.

« J’avoue mon étonnement et ma déception à la fois parce que la disposition légale que nous avons évoqué pour soutenir cette demande, c’est en liberté avec ou sans caution », a déclaré Me Michel Togué, un des avocats des deux prévenus.

Les deux hommes âgés de 19 et 22 ans sont accusés avec un troisième, celui-ci en liberté provisoire, d’avoir eu des rapports homosexuels dans la nuit du 26 au 27 juillet. La pratique est passible d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans et d’une amende de 20 000 à 200 000 francs CFA selon la loi camerounaise.

Ils comparaitront le 27 septembre prochain. D’ici là leur conseil se veut optimiste malgré le revers essuyé ce mardi. « Nous sommes presque sûrs que nos chances sont intactes, confie Me Michel Togué, mais sur le plan du droit et les faits d’homosexualités, il me semble que nous n’avons aucune chance de progresser. »

Pour rappel, d’après la police, les trois hommes ont été surpris pratiquant un rapport sexuel à bord d’un véhicule. Selon des associations de défense du droit des minorités sexuelles, c’est plutôt leur allure très «féminisée», comme le mentionne leur communiqué, qui aurait justifié cette arrestation.
 

Il y a quelques États qui ne répriment pas l'homosexualité. Notre voisin le Gabon, où personne ne pensera à mettre quelqu'un en prison. Je pense également à la Côte d'Ivoire qui ne pénalise pas l'homosexualité. Alors je ne vois pas pourquoi, le Cameroun qui est une tête de file de la sous-région en Afrique centrale peut se permettre d'utiliser un vieux texte qui n'a aucun sens, aucune légitimité pour s'illustrer comme un pays homophobe.

Me Alice Nkom, avocate et présidente de l’association pour la défense des droits des homosexuels au Cameroun

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