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Libye

L’organisateur présumé de l’attentat de Lockerbie est introuvable à Tripoli

Abdelbaset al-Megrahi (g) aux côtés de Saïf al-Islam, l'un des fils de Mouammar Kadhafi (d), en 2009.
Abdelbaset al-Megrahi (g) aux côtés de Saïf al-Islam, l'un des fils de Mouammar Kadhafi (d), en 2009. AFP
Texte par : Christophe Carmarans
4 mn

Seul condamné dans l’attentat de Lockerbie qui avait causé la mort de 270 personnes en 1988, Abdelbaset al-Megrahi n’a plus donné signe de vie depuis deux semaines. Relâché en 2009 par la justice écossaise car gravement malade, il est suspecté par les Britanniques et les Américains de s’être enfui avec Mouammar Kadhafi.

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Cela faisait partie des conditions de sa remise en liberté, qui remonte au mois d’août 2009, Abdelbaset al-Megrahi, 59 ans, devait donner de ses nouvelles au moins une fois par semaine, par téléphone ou visioconférence, aux autorités de la région écossaise de l’East Renfrewshire. Considéré comme le cerveau de l’attentat de Lockerbie contre le vol Pan Am 103 qui a causé la mort de 270 personnes en 1988 (259 passagers et membres d’équipages ajoutés à 11 villageois), cet ancien agent de renseignement libyen, devenu chef de la compagnie Libyan Arab Airlines, n'a plus pris contact avec la justice écossaise depuis au moins deux semaines.

Libéré pour raisons de santé

Il avait bénéficié d’une grâce exceptionnelle pour raison de santé il y a deux ans après avoir été condamné à 27 ans de réclusion en 2001 pour son rôle supposé dans l’attentat. Souffrant d’un cancer de la prostate, il ne lui restait, selon les diagnostics médicaux, que quelques mois à vivre au moment de sa libération, intervenue le 20 août 2009. Deux ans plus tard, celui qui a toujours clamé son innocence dans l’attentat - et a même fait appel du jugement - est toujours en vie en Libye grâce, semble-t-il, à un traitement hormonal particulier.

Bien que très affaibli, il avait fait une apparition publique le 27 juillet en fauteuil roulant lors d’un rassemblement de soutien au régime Kadhafi. Il n’a cependant plus été vu dans son quartier depuis le début août. Sans nouvelles de lui, les Britanniques mais aussi les Américains (189 des 270 victimes de l’attentat de Lockerbie étaient de nationalité américaine) le suspectent d’avoir pris la fuite avec Kadhafi.

Soupçonné d’avoir floué la justice écossaise, qui était persuadée que son cancer était en phase terminale quand elle l’a laissé partir, al-Megrahi fait l’objet d’une attention particulière de part et d’autre de l’Atlantique. Aux Etats-Unis, où sa libération de 2009 a été très mal perçue, des élus de premier plan, le candidat à l’investiture républicaine Mitt Romney en tête, ont demandé à la rébellion libyenne de mettre la main sur lui et de l’extrader aux USA.

Le CNT contre une extradition

En Grande-Bretagne, où sa libération anticipée de 2009 n’a pas été non plus du goût de tout le monde, Al-Megrahi reste un sujet de controverse. Fin 2010, des documents communiqués par le site WikiLeaks avaient révélé que les Libyens s’étaient livrés à des pressions pour obtenir sa libération, en menaçant les intérêts anglais en Libye, notamment pétroliers. Nick Clegg, le vice-Premier ministre anglais a cependant fait savoir récemment qu’il était favorable à un retour d’al-Megrahi dans sa prison écossaise.

Reste que ce dernier n’occupe plus sa résidence à Tripoli. Quant au Conseil national de transition (CNT), il a fait savoir par l’intermédiaire de son expert juridique Hassan al-Saghir que « la Libye n'avait jamais extradé ou remis un de ses ressortissants à un pays étranger » et qu’elle « allait continuer à respecter ce principe ». Abdelbaset al-Megrahi jouit toujours, semble-t-il, de nombreux soutiens au pays.

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