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Libye / Africains

Les immigrants africains menacés par les Libyens à Tripoli

Tripoli, le 30 août 2011. Deux femmes, originaires d'Afrique subsaharienne, se cachent.  Trouver de l'eau, de la nourriture ou se faire soigner est devenu un combat de tous les jours en raison des menaces que les Libyens font  peser sur les immigrés.
Tripoli, le 30 août 2011. Deux femmes, originaires d'Afrique subsaharienne, se cachent. Trouver de l'eau, de la nourriture ou se faire soigner est devenu un combat de tous les jours en raison des menaces que les Libyens font peser sur les immigrés. © Reuters/Zohra Bensemra
Texte par : RFI Suivre
6 mn

La situation des immigrants africains inquiètent l'organisation non gouvernementale, Médecins sans frontières (MSF) à Tripoli. Accusées d'être des mercenaires de Kadhafi, les immigrants sont menacés de mort et ont difficilement accès aux soins. Nombre d'entre eux souhaiteraient être évacués mais craignent de se déplacer. Selon MSF, ils seraient 1 200 dans cette situation, dans la capitale.

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Les gens vivent dans des bateaux ou sous des bateaux abandonnés sur la plage. Des gens armés viennent menacer les femmes la nuit

François Dumont, coordinateur de Médecins sans frontières, à Tripoli

Avec notre envoyé spécial à Tripoli,

Le rendez-vous est organisé dans un parc discret du centre-ville. Mustapha est médecin. Inquiet, il regarde tout autour de lui. Malgré la peur, il reste à Tripoli pour soigner ses frères africains terrés dans la capitale :

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« Il y a des gens qui vont mal mais qui n’osent pas aller à l’hôpital. J’essaie d'aider le maximum de personnes pour apaiser leurs douleurs. Ils vivent vraiment l’enfer chez eux. Tous les gens ici ont peur. Ils n’osent même pas t’écouter. Ils [les Libyens, NDLR] disent : "Ce sont des mercenaires !Il faut les laisser mourir" ».

« Mercenaire » est un mot tabou à Tripoli pour la communauté africaine. Pour Mustapha, ces hommes pauvres étaient prêts à tout pour gagner un peu d’argent : « Il y a des gens qu’on a recrutés et qu’on a payés. Ce sont des gens qui ne réfléchissent pas, ce sont des gens qui n’ont pas fait l’école. Je peux dire que tout ceci, c’est à cause de l’argent promis. Tous ne sont pas des mercenaires. Nous, on est là pour travailler et aider nos familles au pays ».

Avant de quitter discrètement les lieux, Mustapha lance un dernier appel : « J’ai vu des choses vraiment inexplicables. J’ai vu des choses, c’est gravé dans ma mémoire. Le régime qui vient ne fait rien pour aider la communauté africaine qui est là. Les gens n’ont vraiment rien et c’est pour cela qu’ils restent en Libye ».

Sans décision du Conseil national de transition sur le statut des Africains, le futur de ces hommes reste plus qu’incertain.

Il est notoire que le colonel Kadhafi, qui entretient des liens privilégiés, avec les pays africains, notamment avec ses voisins, a inclus dans ses « liens privilégiés », le financement et l'entraînement de troupes régulières ou non. L'armée libyenne possède en son sein, des unités spéciales composées de Maliens, Tchadiens, Nigériens qui bénéficient de la nationalité libyenne. Ce qui, dans les circonstances actuelles, rend encore plus difficile la distinction entre mercenaires et troupes régulières.

Selon la Fédération internationale des droits de l'homme, environ 6 000 mercenaires africains se trouvaient en Libye en février 2011. Près d'un millier auraient été recrutés à la même époque et vraisemblablement d'autres sont venus les rejoindre au fil des combats.  
La Ligue des droits de l'homme libyenne a précisé que deux généraux tchadiens dirigeaient ces mercenaires, accusation aussitôt réfutée par le président Idriss Déby. Le Tchad a reconnu le Conseil national de transition ce 22 août 2011.

 

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