France / Rwanda

France-Rwanda: Kagame, VRP de choc pour les entreprises rwandaises

Paul Kagame, le président rwandais dans la cour de l'Elysée, le 12 septembre 2011
Paul Kagame, le président rwandais dans la cour de l'Elysée, le 12 septembre 2011 REUTERS/Philippe Wojazer

Le président rwandais Paul Kagame a effectué une visite officielle de deux jours en France. Sa venue à Paris fait suite à celle de Nicolas Sarkozy à Kigali en février 2010, pour normaliser les relations diplomatiques entre les deux pays. Objectif : relancer les échanges commerciaux.

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Dix-sept ans après le génocide, le chef de l’Etat rwandais est venu à Paris pour sceller la réconciliation entre les deux pays. Après la diplomatie, priorité aux affaires. Paul Kagame a l’ambition de faire de son pays le dragon économique de l’Afrique, avec pour modèle Taïwan et la Corée du Sud. L’ancien chef de guerre s’est donc transformé en VRP auprès des entrepreneurs français conviés à une réunion au Ritz, un pretigieux hôtel de Paris.

Accompagné de plusieurs ministres et d’une délégation de chefs d’entreprises, Paul Kagame a vanté les bons résultats de l'économie rwandaise, qui enregistre une croissance de plus de 7%. L’agriculture qui compte pour 42% du produit intérieur brut et le secteur de la construction ont été, ces dernières années, des sources importantes de la croissance.

Un manque d’infrastructures

Mais de gros efforts restent à faire dans le secteur des infrastructures et l’exploitation des ressources énergétiques. Lors de sa visite, Paul Kagame a invité les entrepreneurs français à venir investir dans son pays dans ces deux domaines. La coopération recherchée avec la France concerne la construction de barrages hydroélectriques, la géothermie ou bien le développement de réseaux électriques. Les chantiers annoncés au Rwanda sont nombreux : une voie ferrée pour relier Kigali à l'Océan Indien, un nouvel aéroport international et un centre de conférences dans la capitale.

Le pays dispose également de ressources énergétiques, notamment dans la région du lac Kivu. Dans les profondeurs de ce lac sont peut-être dissimulées les plus importantes réserves de gaz méthane qu’ait jamais découvert le pays. La région est également riche en minerais, dont le coltan, indispensable à la fabrication des téléphones portables.

57% de la population sous le seuil de pauvreté

Pour les bailleurs de fonds, le Rwanda a réussi par une gestion rigoureuse, à rétablir la stabilité financière. En 2010, le Rwanda est ainsi devenu la place la plus attractive de l’Afrique de l’Est pour les investisseurs. Le pays offre de nombreuses facilités : marché accessible, fiscalité avantageuse, flexibilité du marché du travail, protection des investisseurs, fluidité des échanges. Un marché où la France est quasiment absente comme l’explique John Gara, le président de l’Agence rwandaise de développement (Rwanda Development Board) : « A l'heure actuelle, les investissements français sont très faibles, de l’ordre de 3,5 millions d'euros, mais nous avons dans les tuyaux des investissements français pour environ 150 millions d'euros ».

Développer le commerce international, cela passe également par les échanges régionaux. C'est ce qui se fait entre le Rwanda, le Burundi et la RDC au sein de la Communauté économique des pays des Grands Lacs comme l’explique Louise Mushikiwabo, la ministre rwandaise des Affaires Etrangères : « cette communauté nous permet de développer et d’exploiter ensemble des projets importants d’hydroélectricité. Rien que sur la frontière de Bukavu entre la RDC et le Rwanda, nous avons enregistré en 2010 des échanges de plus de 30 millions de dollars entre les petits commerçants entre les deux côtés de la frontière ». Mais malgré les progrès enregistrés, le Rwanda est encore un pays pauvre. L’espérance de vie en 2010, n’atteignait pas 58 ans et dans ce pays de 11 millions d’habitants, 57% de la population vit toujours sous le seuil de pauvreté (0,32 euros par jour).

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